FAURE TE
grands usuriers que sont les fermiers généraux, qu'il renonce aux emprunts ruineux, qu'il Ôte les entraves de toute sorte qui embarrassent les échanges, surtout qu'il abolisse la vénalité des offices. « Maudit soit à jamais le premier qui rendit les charges vénales ! » Car c’est de là que vint tout le mal ; c'est là ce qui fut cause qu’ «une petite portion de la nation regorgea de richesse, tandis que la portion nombreuse languit dans l’indigence » 1,
Dans la Satire sur le Luxe à la manière de Perse, qui fait suite à ce passage, Diderot insiste sur la relation qui unit l'existence du luxe, sous sa forme abusive, à la vénalité des charges.
Un jour de ma vie, non, un jour de ma vie, je ne le passe pas sans charger d’imprécations celui qui rendit les charges vénales. Car c’est de là, oui, c’est de là et de la situation des grands exacteurs que sont découlés tous nos maux ?.
Voilà les causes principales d’un luxe « symbole de la richesse des uns, et masque de la misère générale du reste » 3 ; du moment qu'avec de l'or on put arriver à tout, tout le monde voulut avoir de l’or, ou sinon, paraître avoir de l'or : ceux qui voulaient paraître riches imitèrent le luxe de ceux qui l’étaient vraiment.
De ce luxe déplorable, voici les conséquences :
Q luxe funeste !.…. tu détruis tout, et le goût et les mœurs ; tu arrêtes la pente la plus douce de la nature. Le riche craint de multiplier ses enfants. Le pauvre craint de multiplier les malheureux. Les villes se dépeuplent.…
Le vrai luxe, ce sera un luxe selon la formule physiocratique, mitigée de « populationnisme » : :
O Cérès ! les peintres, les poètes, les statuaires, les tapisseries, les porcelaines, et ces magots même, goût ridicule, peuvent s'élever d’entre tes épis. Maîtres des nations, tendez la main à Cérès : relevez ses autels. Cérès est la mère commune de tout. Maîtres des nations, faites que vos