‹ Les idées morales de DiderotChapitre 174 sur 234 · Cf. À. Lombart, L'abbé du Bos, p · texte numérisé non relu

Cf. À. Lombart, L'abbé du Bos, p

4. Ci. notamment Diderot, Œuvres, XIII, 185, 243, 269, 310-I11, 384, 397, 391,403-4,/413,421,487, XIVNO21, 3185 142 cie.

nous conduire sur la trace d’une influence plus profonde, ou au contraire nous mettre en défiance contre certaines pages où nous pourrions nous croire en présence de Diderot lui-même, alors qu'il n’est que le prête-nom d’un autre.

C’est ainsi que les deux articles « Société » et « Plaisir », fort importants pour nous par le sujet qu'ils traitent, n’ont guère de Diderot que la signature.

La plus grande partie de l’article « Société » — de la page 133 à la page 141 — est la reproduction de passages du Traité de la Société civile par le P. Buffier !. Et la collaboration involontaire que le P. Jésuite fournit à Diderot n’est pas restreinte à ce seul article, ainsi que l’auteur des Trois sriècles de notre littérature l’observait déjà ? malicieusement. Diderot d’ailleurs rend justice à Buffier, — non sans quelque ironie peut-être, — lorsqu'il dit :

Il y a du neuf et dé l'original dans tous les écrits de ce père, qui a embrassé une espèce d'Encyclopédie que comprend l'ouvrage in-folio intitulé Cours de Sciences. L’agrément du style rend amusant ce livre, quoiqu'il contienne véritablement l'exercice des sciences les plus épineuses. Il a trouvé le moyen de changer leurs épines en fleurs, et ce qu’elles ont de fatigant en ce qui peut divertir l'imagination. On ne peut rien ajouter à la précision et à l’enchaînement des raisonnements, des objections dont il remplit chacun des objets qu’il traite. La manière facile et égayée dont 1l expose les choses répand beaucoup de clarté sur les matières les plus abstraites Ÿ.

1. XVIE, 133 : « Joute léconomie...'» = Pufñer, EF, 3, dans Cours. de Sciences, 1738, col. 1071.

XVIE, 134 : « Un prince d'Allemagne... » = 24d., IV, 3, col. 1183.

Ibid. : « L'égalité de nature... » = 14., IV, x, col. 1179, puis 1181-2.

XVII, 136-7 : « « Sile bien public... » — 154., IV, 9, col. 1198-0.

XVII, 137-8 : « Nous devons travailler... » = 2d., IV, 19, col. 1217-1218.

XMIE, 539-141 bas: ©@Mais pour mettre.cétte vérité... » — 74.7, 8, col. 1082-1084.

2. 1772, I, 190 : Buffier « plus connu par sa Mémoire artificielle, sa Géographie et sa Grammaire, que par ses ouvrages de morale et de philosophie, plus propres encore à établir sa réputation. Il est facile d’en juger par plusieurs articles de l'Encyclopédie, copiés mot à mot dans son Cours de Sciences, auxquels la prudence des compilateurs n’a pas jugé à propos de mettre son nom. Sic vos non vobis, etc... »

3 MEnc. arbLogique XV; 531.

Diderot doit à Buffier les articles Vérité, Vrarsemblance ?, Amitié, et enfin l’article Raisonnement. C'est également Buffier qui fournit les appréciations sur Locke, Malebranche, Le Clerc et Crouzas, qu’on trouve au mot Logique.

Toutefois, — et bien que le P. Buffer ait eu en son temps une certaine réputation $, bien que sa théorie de la connaissance, où il s'efforce de concilier Descartes et Locke, en accordant plus à ce dernier, et sa morale, conçue comme indépendante de la révélation, toute fondée sur l’idée de société, soient dignes d'intérêt et d'étude, il ne semble pas qu'on doive chercher là une influence profonde : Diderot n’a point été puiser pour son usage personnel dans ce gros in-folio qui se présentait comme la Somme

des gens du monde.

L'article Plaisir est presque entièrement tiré — quoique Diderot n'ait garde de nous en avertir, — de la Théorie des sentiments agréables 7. Diderot commence par donner le plan de son

. Tiré du Traité des premières vérités et des notes A et B à la suite. HAL 2t, SSUIS6-1615103-5601/22 SM 00 FSU INR or . Cf. d’Alembert, préface du 3° volume de l'Encyclopédie.

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