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Mais voici qui nous touche de plus près : c'est l'appréciation (déjà notée) que donne Diderot sur la morale de Malebranche. Il vient de marquer que Malebranche « tire nos devoirs de principes qui lui étaient particuliers » ; il poursuit :
Ce pas me paraît bien hardi, pour ne rien dire de plus. Je ne conçois pas comment on ose faire dépendre la conduite des hommes de la vérité d'un système métaphysique *.
On voit ce que Diderot refuse d'emblée à Malebranche : c'est son principe même d’une morale métaphysique ; aussi sont-ils tout fragmentaires, les vestiges laissés chez lui par la lecture de celui qu’il appelle un « théosophe » ?. Ici encore, on rencontre dans l'Encyclopédie des emprunts littéraux. Ce que Diderot, à l’article « Philosophie » #, dit contre l'autorité, — montrant les motifs qui poussent les hommes à s’en contenter plutôt que de se confier à leur raison, — n’est que la reproduction du livre IT, 2€ partie, chapitre III, $ 2, de la Recherche de la Vérité :
Raisons pour lesquelles on aime mieux suivre l'autorité que faire usage de son esprit.
Les articles « Préoccupation », « Sensation », « Raisonnement » doivent aussi au grand ouvrage de Malebranche 4. — Mais, si nous nous bornons à la morale, il ne semble pas que Diderot ait rien tiré de Malebranche : tout au plus est-il permis peut-être de soupçonner dans le vocabulaire du « philosophe « une réminiscence, une trace probablement inconsciente de la lecture de l’Oratorien, lorsqu'on le voit définir la morale par la notion de l’ «ordre » et faire consister la vertu dans le « goût de l’ordre », lequel