‹ Les idées morales de DiderotChapitre 193 sur 234 · La Movale de Spinoza, p · texte numérisé non relu

La Movale de Spinoza, p

3. Cf. au contraire Delbos, Le problème moral dans la philosophie de Spinoza et dans l'histoire du Spinozisme, Paris, 1893, p. 401 : « Ni Diderot ni d'Holbach, dont certaines vues rappellent la doctrine Spinoziste, ne ne paraissent l'avoir directement connue ».

L'article Laideur de l'Encyclopédie ! défend plusieurs thèses, — distinctes, quoique Diderot les entrelace étroitement — qui paraissent ne pouvoir provenir que de l’Ethique.

19 Ce qui est nécessaire n’est en soi ni bon ni mauvais, ni beau ni laid ; ce monde n’est donc ni bon ni mauvais, ni beau ni laid en luimême.

De même le Neveu de Rameau dit ? :

Acceptons les choses comme elles sont. Voyons ce qu’elles nous coûtent et ce qu'elles nous rendent, et laissons-là le tout que nous ne connaissons pas assez pour le louer ou le blâmer, et qui n’est peut-être ni bien ni mal, s’il est nécessaire, comme beaucoup d’honnêtes gens l’imaginent.

20 Il n’y a nulle connaissance du beau ou du laid sans connaissance des rapports et de la fin. Ce qui n’est pas entièrement connu ne peut être dit n1 bon ni mauvais, ni beau m1 laid ; or on ne connaît ni l’univers entier ni son but ; on ne peut donc rien prononcer nisur sa perfection si sur son imperfection. Un bloc informe de marbre, consid‘ré en luimême, n'offre ni rien à admirer ni rien à blâmer ; mais si vous le regardez par ses qualités, si vous le destinez dans votre esprit à quelque usage, s’il a déjà pris quelque forme sous la main du statuaire, alors naissent les idées de beauté ou de laideur ; il n’y a rien d’absolu dans

ces idées ?.

I1 semble que nous ayons là un écho de l’appendice au hvre [e* de l’Ethique, où Spinoza montre que, la notion de fin ne pouvant

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