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Qu'un homme soit boiteux, bossu, qu’on ajoute à toutes ces difforinjtés toutes celles qu’on imaginera, il ne sera beau ou laid que comparé à un autre... Il en est de même des qualités morales. Quel témoignage Newton, seul sur la surface de la terre, dans la supposition qu'il eût pu s'élever par ses propres forces à toutes les découvertes que nous lui devons, aurait-il pu se rendre à lui-même ? Aucun, il n’a pu se dire grand que parce que ses semblables qui l'ont environné étaient petits. Une chose est belle ou laide sous deux aspects différents 1
— Peut-être n'avons-nous là qu'une illustration de la pensée de Spinoza :
La perfection et l’imperfection ne sont donc... que des modes de la pensée, c’est-à-dire des notions que nous formons ordinairement quand nous comparons ensemble les individus d'une même espèce ou d’un même genre... À l'égard du bon et du mauvais, ils n'indiquent ni l’un fu l’autre rien de positif dans les choses considérées en elles-mêmes, et ne sont rien que des modes de la pensée, ou des notions que nous formons parce que nous comparons les unes avee les autres. En effet, une seule et même chose peut être à la fois bonne et mauvaise, et même indifférente ?
Un second point — plus important — sur lequel le contact semble immédiat, c’est la théorie déterministe. On sait que Diderot, à l'article Liberté?, expose pour la réfuter « l’absurde hypothèse » de Spinoza et de ses « sectateurs ». Sans même que nous examinions la valeur intrinsèque et la sincérité des arguments dont il la bat, une chose nous frappe : l'étrange ressemblance de termes entre l'analyse que donne là Diderot de la doctrine avec ses conséquences morales, et les passes où, à n’en pas douter, il défend sa propre opimion.
Les Spinozistes disent :
Chaque volition et chaque détermination de la volonté de l’homme doit nécessairement être produit: par quelque cause extérieure, et celle-ci par une troisième... Si un fou n'est pas libre, un sage ne l'est