‹ Les idées morales de DiderotChapitre 200 sur 234 · Locke, Du Gouvernement civil, ch. IT · texte numérisé non relu

Locke, Du Gouvernement civil, ch. IT

3. Diderot emprunte encore à l’Essai, L. IT, ch. 17, pour l’article « Identité » de l'Encyclopédie, et renvoie au même endroit à propos de la « Résur- TeCHOon XV IL #26):

nelocke, Éssaili2ri858 0 Diderot; XV; 1627 XVIIT,.88;

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Locke les ait fournies à Diderot ; elles étaient déjà, vers 1735, res nullius, elles faisaient partie de cette atmosphère morale dont Diderot fut dès lors imprégné. Si donc nous voulons savoir l’essentiel de ce que le « philosophe » tient de Locke, nous dirons qu'il lui doit sans doute l’idée, — prédominante au début chez lui, — que les notions morales sont changeantes et relatives ; et surtout cet empirisme sur quoi repose toute sa pensée, qui est au fond de sa doctrine morale aussi bien que de sa théorie de la connaissance.

Ainsi Diderot semble avoir demandé à Spinoza et à Locke les linéaments de cette « notion préliminaire de l’homme », qu’il estime indispensable au moraliste d'acquérir. Mais, cette base une fois établie, il se dirige par ses seules forces ; il n’est vraiment plus le tributaire, le vassal de personne.

Cependant on a coutume de faire une part assez considérable à l'influence de Shaftesbury, influence qui, au dire de M. Cru, fut durable et persistante !, Gardons-nous d’exagérer la portée de cette action, qui ne semble guère avoir affecté la pensée morale de Diderot, telle qu’elle nous apparaît sous sa forme définitive.

Assurément Diderot a connu toutes les œuvres du « Mylord S** », et non pas seulement l’Inquiry qu'il traduisit ; — les références qu'il donne dans le Discours préliminaire de l’Essai sur le mérite font voir qu'il lut les Charakteristiks en entier, et dans les trois volumes de l'édition de 1737. Il cite en effet des fragments des Moralists ? et des Miscellaneous Reflections ?. En outre, — chose qu’on n’a point encore remarquée, — un certain nombre de notes que Diderot met à sa traduction, sont de purs et simples extraits des autres œuvres de Shaftesbury : il emprunte ainsi à l’auteur anglais la réfutation du manichéisme par la comparaison de l’homme à un passager ignorant l’art nautique 4; la

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