‹ Les idées morales de DiderotChapitre 202 sur 234 · Cf. son livre, p. 136 sqq · texte numérisé non relu

Cf. son livre, p. 136 sqq

ÉACINCTUN ONG DAS

9. Enc., art. Egyptiens, sur les prêtres égyptiens, XIV, 386-7 — Shaîft., III, 42-46. Ibid., XIV, 387-8, à rapprocher de Shaît., III, 59-60.

aisément qu’il est possible les deux grandes fonctions : la conservation de l'individu. et la propagation de l’espèce 1,

c’est encore une réminiscence de ce premier auteur qu'il lut.

Toutefois, dès les Pensées philosophiques, Diderot affirme son indépendance : « l'apologie » des passions ne doit rien à Shaîftesbury : c'est du pur Diderot (en même temps que c’est dans la tradition française). Et non seulement la pensée de Diderot ne dérive pas de celle de Shaftesbury, mais elle s'y oppose formellement à l’origine. Nous trouvons en effet l’amorce de ce développement dans une note de l’Essai ? où Diderot apostrophe son auteur en ces termes :

Divin anachorète, suspendez un moment la profondeur de vos méditations ; et daignez détromper un pauvre mondaïin, et qui se fait gloire de l’être. J'ai des passions et je serais bien fâché d'en manquer : c'est très passionnément que j'aime mon Dieu, mon roi, mon pays, mes parents, mes amis, ma maîtresse et moi-même.

Ainsi le courant d’individualisme anarchique et naturaliste que nous avons démêlé dans les idées de Diderot échappe entièrement à l'influence de Shaftesbury.

Même pour sa doctrine morale proprement dite, la dette de Diderot nous paraît assez maigre : on voit assez quelles sont les idées dont Shaftesbury a pu renforcer la valeur aux yeux du « philosophe », et, au premier chef, celle-ci, que la vertu estun fait social ; cette autre, que les affections bienveillantes sont aussi réelles et primitives en nous que l’égoïsme. Mais Diderot n’a. Jamais admis cet optimisme métaphysique que Shaftesbury croit

1 XIX,-119; cf. Shaft. Char / TITr8 14 NaturalflealthésMthenmuse Proportion, Trouth, and regular Course of things, in a-Constitution. T ’is the inward Beauty of the Body... » Diderot avait déjà résumé toute cette doctrine dans une note de l’Essar, Œ., I, 33 sq., où on lit : «Qu'est-ce qu’un bel homme, si ce n’est celui dont les membres bien proportionnés conspirent de la façon la plus avantageuse à l’accomplissement des fonctions animales ? » — Mais Diderot, dès 1751 (Recherches sur l'origine et da nature du beau, Æ., X, p. 20 sq.), rejette déjà cette theorie, en la rapportant nommément à Shaftesbury.

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