‹ Les idées morales de DiderotChapitre 25 sur 234 · T'ON, D · texte numérisé non relu

T'ON, D

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3. Nouveaux dialogues des morts ou Pron sur les passions, Amsterdam }TE ANS p.282

4. Au tome XI, P- 402-3, des Ouvrages politiques de My l'abbé de St Pierre, Rotterdam, 17237:

Combien (les Bonzes, Bramines, etc.) seraient-ils plus heureux, s'ils savaient que les souffrances volontaires, lorsqu'elles sont inutiles au prochain, ne servent pas plus pour obtenir le Paradis que les plaisirs qu'ils goûtent en faisant leurs bons repas dans l’intention de plaire à Dieu, et en le remerciant de ce qu’il veut bien leur donner du plaisir à fairé cé qui est nécessaire pour conserver leur vie... Une autre erreur où 1ls sont, c'est de croire que leurs austérités et leurs souffrances volontaires, quoique inutiles au bien de la société, soient plus efficaces pour obtenir le paradis, que la plus petite politesse, que la plus petite aumône, que la plus petite action de patience, et que le pardon d'une petite injure. Le sacrifice n’a pas de valeur en soi. | |

Il est vrai qu'il faut du courage pour se faire souffrir volontairement de la douleur, et que cela est difficile. Mais le difficile peut êtré crime comme vertu, et le courage mal employé n’est pas une vértu, et, même s'il est employé contre soi-même, c'est-à-dire contre quelqu'un qui est aimé de Dieu, n'est-ce pas un défaut 1 ?

Et le bon abbé va jusqu’à sanctifier la recherche des plaisirs : car à l’aide des jouissances d’ici-bas nous pouvons nous faire une idée plus vive des joies du Paradis, et conférer à ce motif — le plus haut de tous -— le caractère sensible nécessaire à son efficacité : faute de cela, bien des gens « ont à la vérité l'opinion de l'existence du Paradis, mais cette opinion spéculative ne les a pas encore menés jusqu’au sentiment de l’Espérance, jusqu'à un grand désir, jusqu'à une passion suffisante pour les faire agir tous les jours et tout le long des jours en conséquence de leur opinion. Ainsi il ne faut pas être étonné si leur conduite pratique est si peu conséquente à leur croyance, à leurs opinions spécula- TIVÉSIE. D

En vain l'abbé de Saïnt-Pierre s'efforce de concilier christianisme et anti-ascétisme ; ceux des contemporains qui vont jusqu’au bout de leur pensée ne se dissimulent pas l'opposition de principe : c’est le dogme même de la chute que pratiquement on nie. La vertu pour le chrétien ne se conquiert que

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par une lutte incessante contre ses tendances. Il doit mettre aux prises « l'esprit et la chair, entre lesquels nous avons appris que la guerre doit être immortelle »! ; il doit vouloir se faire le « persécuteur irréconciliable de ses propres passions » ?,

Bayle lui-même croyait encore à la perversité foncière de J’homme : seule explication possible, à ses yeux, des contradictions de notre nature :

Ce serait une chose infinie que de parcourir toutes les birarreries de l’homme qui font voir que c’est non seulement le plus sot de tous les animaux, comme l’a prouvé M. Des Préaux dans l’une de ses Satyres, mais aussi un monstre plus monstrueux que les Centaures et que la Chimère de la Fable ; ce qui, au dire de M. Pascal, est une forte preuve de la vérité qui nous est récitée dans le livre de la Genèse, touchant la chute du premier homme. Il est certain que c'est là qu'il faut chercher le dernier dénouement de toutes les contradictions qui se voient dans notre espèce ÿ.

À l'époque où nous sommes, c’est l'opinion opposée qui prévaut. La marquise de Lambert écrit ces lignes pleines de sens :

La morale n'a pas pour objet de détruire la nature, mais de la p2rfectionner #.

Ceux qui, comme Mlle Huber, identifient religion et morale, admettent que la religion doit viser à épanouir la nature et non à la réprimer :

L'usage de l'éducation est, sans contredit, non de détruire la nature, mais de la perfectionner... La religion révélée doit être pour les hommes ce qu'est l'éducation pour les enfants; elle ne peut bâtir que $ur le fond de la NatureS.

Et encore :

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