Essais, L'auteur au lecteur
24B: Ne V2 12503) 3-7F°78;sq.
Mais, au vrai, on observe à la lecture attentive de l'ouvrage, que les préoccupations sociales en sont à peu près absentes ; et d’une façon générale d’ailleurs, on s'aperçoit que « nous ne sommes pas ici dans le domaine de la réalité » !, — Il serait vain peut-être de chercher une critique sérieuse dans une utopie qui se place aussi délibérément hors du possible.
L'Histoire des Sévarambes ? de Denis Vairasse d’Alais, vit le jour à Paris en 1677 : ici encore, dans cette œuvre d'un protestant, c’est la tendance antireligieuse qui domine ; toutefois nous pouvons glaner quelques indications dans le troisième volume, qui nous offre des détails sur les mœurs, les lois et coutumes des Sévarambes.
Dans cette nation, nous dit l’auteur, « le gouvernement est, à mon avis, l’un des plus parfaits modèles de gouvernements qu'on ait jamais vus. » Ce n'est pas à dire que la liberté y règne ; au contraire, les habitants sont étroitement soumis à l'autorité d’un despote absolu : mais ce despote est déjà un despote éclairé ; toutes les régles qu'édicta Sévarias, fondateur de la dynastie « héliocratique », ne vont qu’à assurer le bien-être de ses sujets : « Il reconnut que les malheurs des sociétés dérivent principalement dé trois grandes sources qui sont l’orgueil, l’avarice et l'oisiveté » %. Pour combattre l’orgueil, il supprima toute distinction sociale, que celle des magistrats et des particuliers, car « la nature nous a tous faits égaux » 4 Pour combattre l’oisiveté, il obligea tout citoyen à travailler au profit de la communauté pendant huit heures qui, chaque jour, sont destinées au labeur. Surtout, il abolit la propriété individuelle, source de tous vices : ù
Parce que les richesses et la propriété des biens font une grande différence dans la société civile, et que de là viennent l’avarice,