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et fondée sur l’acceptation volontaire de certaines régles reconnues raisonnables. Charlevoix ne s’abstient pas de dégager des faits observés la leçon universelle qu’ils renferment :
Parmi des hommes, dit-il, qui se conduisent par la raison et qui sont guidés par l'honneur et le zèle pour la Patrie, l'indépendance ne détruit pas la subordination, et souvent l’obéissance libre et volontaire est toujours celle sur laquelle on peut plus sûrement compter I.
Cette société ainsi organisée dans la liberté n’a pas besoin pour subsister de l'inégalité et de la subordination des uns aux autres :
Comme ils ne sont point esclaves de l’ambition et de l'intérêt, et qu'il n’y a guère que ces deux passions qui aient affaibli dans nous ce sentiment de l’humanité, que l’auteur de la nature avait gravé dans nos cœurs, l'inégalité des conditions ne leur est pas nécessaire pour le maintien de la société... Dans ce pays tous les hommes se croient également hommes, et dans l’homme ce qu'ils estiment le plus, c’est l'homme. Nulle distinction de naïssance, nulle prérogative attribuée au rang, qui préjudicie au droit des particuliers ?.
Le défaut même qu'on pourrait reprocher à une société aussi peu organisée, n'est en réalité qu'une adaptation à des mœurs différentes, — et meilleures :
Le plus grand défaut de ce gouvernement, c’est qu'il n’y a presque point de justice criminelle parmi ces peuples ; à la vérité ce défaut n'a point dans ces pays les mêmes suites qu'il aurait parmi nous; le grand ressort de nos passions, et la source principale des désordres qui troublent le plus la société civile, c’est-à-dire l'intérêt, n’ayant presque point de force sur des gens qui ne songent point à thésauriser, et s'embarrassent fort peu du lendemain *.
Tant qu’enfin tout le bonheur de cette société est suspendu à la communauté des biens : seule l’absence de propriété individuelle rend possible et la perfection de la société et les vertus des
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