‹ Les idées morales de DiderotChapitre 49 sur 234 · Réfut. de l'Homme, II · texte numérisé non relu

Réfut. de l'Homme, II

4. Plan d'une Université, III, 435. On peut comparer à ces plaintes de Diderot ce que disait Malebranche dans son traité de Morale, IT, 10, $ 15 (éd. Joly, p. 227), et surtout le P. Buffer, à la fin du Traité de la société civile, dans Cours de sciences, Paris, 1732, in-f°, col. 1250. — (Cf. encore Diderot, Discours prélim. à l’'Essai sur le mérite.) Cf. en 1778, encore, Chastellux, De la félicité publique, ou considérations sur le sort des hommes dans les différentes époques de l’histoir: (Amsterdam, 1772), II, 84.

Ainsi lesté, et « n'ayant pour toute mesure des actions qué les misérables cahiers de morale aristotélique que l’on vous dictait sur les bancs de l’école, avec quelques chapitres de Nicole, qu'un professeur janséniste vous commentait le dernier jour de la semaine », l'adolescent de vingt ans qui débutait dans le monde n'avait évidemment rien reçu qui pût subir le choc du réel, rien qui fût de quelque profit pour la conduite de la vie. Bien vite, le « philosophe » dut percevoir la vanité de cet héritage, et en éprouver ce désenchantement qu'il exprimera plus tard :

Que reste-t-il dans le monde de cette institution de collège ? Rien !.

C’est donc d’ailleurs que Diderot devra tirer ses idées morales comme toutes celles qui formeront sa « philosophie ». Quels éléments, venus de son propre fonds, de son expérience, de ses lectures, ont servi à cette élaboration d’une pensée personnelle, quels aliments il a donnés à « cette fureur d'étude qu’il éprouvait à trente ans » ?, c’est ce que nous ne savons pas directement, ce qu'il nous faudra seulement essayer, plus tard, d’inférer. Dé tout ce travail de « gestation », nous pouvons seulement savoir, dans les œuvres du début, les dernières phases, celles où son esprit se meut encore, mais est près de trouver son état de repos.

Nous transportant donc au terme de ce qu'on a trop justement appelé « sa jeunesse cachée » *, nous irons droit à l’Essai sur le Mérite et la Vertu (1745) ; car si «l’histoire de la Grèce de Temple Stanyan est un fort bon livre, divisé en trois petits volumes » #, et si de ce bon livre Diderot retiendra des exemples et des anecdotes dont il illustrera plus tard ses raisonnements, nous ne saurions vraiment rien tirer de là, qui nous renseigne sur ce que pense le philosophe à l'époque où il traduit l'historien anglais. Quel rapport y a-t-il entre l'ouvrage « du mylord Shaftesbury » 5

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