Essai sur Claude et Néron, LIT, 38x
5 ARNO ET FX
CHAPTIERESEN
« Quelle notion précise peut-on avoir du bien et du mal, du beau et du laid, du bon et du mauvais, sans une notion préliminaire de l’homme ? » 1
Si Diderot n’a nulle part défini précisément cette notion de l’homme — de l’homme qui est, pour le moraliste, «le premier objet à connaître » ? — il est pourtant facile de mettre au jour les idées fondamentales de psychologie qui conditionnent toute sa doctrine morale : empirisme ; — relation primitive, et nécessaire, entre l’organisation physique de l’homme et sa moralité ; — déterminisme.
Diderot écrit dans l’Apologie de l'abbé de Prades :
L'homme n'apporte en naissant ni connaissances, ni réflexions, ni idées ; ..… sans les sensations, nous n'’aurions ni la connaissance de Dieu, ni celle du bien et du mal moral ; en un mot, il n’y a aucun principe, soit de spéculation, soit de EN inné *:
Cette conviction, exprimée là avec toute netteté, et en termes qui volontairement se réfèrent à Locke, dont l'influence s’exerça sur lui dès l’origine *, conduit Diderot à rejeter la théorie d’origine