‹ Les idées morales de DiderotChapitre 62 sur 234 · Salon de 1707, XI · texte numérisé non relu

Salon de 1707, XI

ERP RASE DL 1/02 IX; ATI0); Essai sur la peint., X, 519; cf. XI, XVIe S42 3 024; 1IL 300; 111313, 314;:1, 471.

ment, « que les premières règles de l'équité et de la justice nous sont connues par une lumière intérieure, qu'elles ne nous sont point acquises, et que nous les apportons en naissant, gravées dans nos cœurs À. » |

Cependant Diderot n’admet point que l'esprit de l'enfant qui vient au monde soit comme une page blanche que l'expérience couvrirait au hasard, une terre vierge où 1l n’y eût qu'à semer pour récolter ensuite : dans la querelle posthume qu'il fait à Helvétius, un de ses principaux griefs, c'est que l’auteur de l'Esprit ait soutenu cette thèse sans restriction.

Au moment où l’enfant se détache des flancs de la mère et s'ouvre les portes de la vie, il y entre sans idées et sans passions ?,

Tel est le sentiment d’'Helvétius ; pour Diderot, c’est presque le contraire qui est le vrai. L'homme en naïssant n’a rien de formé, rien d’achevé, rien de complet ; maïs il apporte des prédispositions, des virtuaïités, — prédispositions et virtualités morales autant qu'intellectuelles, — qui commandent son développement futur, et qui, étroitement liées à son organisation, sont aussi comme l'expression psychique du tempérament. L'homme dès le premier jour a une nature ; nier cela, c’est fermer les yeux à l’expérience. L'enfant naît « sans idées, il est vrai ; mais avec une disposition propre à en concevoir, à en comparer, à en retenir certaines avec plus de goût et de facilité que d’autres. Sans passions exercées, je l’ignore ; sans passions prêtes à se développer, je le nie ; avec une pente égale à toutes sortes de passions, je rois que je pourrais le nier ?. » La chose apparaît clairement à quiconque observa des enfants au berceau : |

N'apporte-t-on pas en naissant des goûts, des aversions, ne prononce-t-on pas dès le commencement qu’un enfant est glouton, colère,

IN A PDOIOE te MAT 2. De l'Homme, IV, 1.

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