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. Réfut. de l'Homme, II, 411; cf. VI, 457; et encore Supplément
au Voyage de Bougainville, IL, 248 : « Je ne doute pas que la vie moyenne de l’homme civilisé ne soit plus longue que la vie moyenne de l’homme sauvage ».
R œ ND H
décisive pour opter entre la pure nature et l'extrême civilisation, — encore qu'il incline plutôt de ce côté !
Son idéal à lui se meut entre ces deux limites, à distance à peu près égale de l’une et de l’autre. Il rêve d'une société où le but de
tout groupe humain —la lutte contre la nature extérieure hostile ?
— serait atteint sans être dépassé, où l’homme jouirait des commodités de l'existence, sans qu'il s’encombrât de superiluités.
Cette aurea mediocritas qu'il loue après les anciens 5, et où il voit
le bonheur pour lui-même, sinon pour les siens 4, 1l la voudrait voir réaliser par la société tout entière :
Si le bonheur de l'individu dans la société est placé dans l’aisance, entre la richesse extrême et la misère, le bonheur de l’espèce n’aurait-il pas aussi son terme d’heureuse médiocrité entre la masse énorme de nos superfluités et l’indigence étroite de l’homme brut ® ?
Mais en fait, par un progrès vraisemblablement fatal 6, ce stade heureux de l’évolution humaine, nous l'avons dépassé.
Que faire donc ? Regretter ce qui fut ; mais non détruire ce qui
est, ce qui sans doute devait être forcément. Et avec un sens profond des réalités et des possibilités historiques : |
Je ne pense pas, dit-il, — comme Rousseau ? —, qu’il fallût détruire
1. Je songe surtout au passage de la Réfutation d'Helvétius, II, 411 : « Vous préférez donc l’état sauvage à l’état policé ? », etc. Mais ce passage fait partie d’une apostrophe à Rousseau, et Diderot a puselaisserentraîner par sa haine contre son ancien ami.