SON FATALISME
Pourtant CHATEAUBRIAND n’aime pas les révolutions, quelle que soit la grandeur des spectacles qu’elles nous donnent et bien qu’il ait du goût pour les tempêtes. Il admire ces périls, mais les redoute et les condamne. Car ils portent atteinte à la plus haute loi du genre humain, sa Loi, pourrait-on dire, celle qui le meut intérieurement et qui le pousse à travers les siècles d’un rythme infaillible et secret au terme qui lui est assigné.
Nous ne disons pas: « la loi du progrès », malgré tout ce qui apparente cette conception au messianisme humanitaire. Car l’idée de progrès a donné lieu chez CHATEAU- BRIAND à des discussions, des doutes et des hypothèses qu’il nous faudra étudier tout au long.
Ce qui est incontestable, c’est sa foi dans l’évolution. Une foi sans espérance? N'importe: c’est elle qui domine tout. L'évolution joue le grand rôle sur la scène politique; c’est elle qui décide des trônes, des peuples, des Lois; elle qu'il faut consulter et honorer. Si elle est blessée, les hommes