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nesse, elle possède l'avenir; l’idée fausse est celle qui a épuisé sa force dans le passé ou qui n’est pas encore mûre: sans appui dans le présent, elle est frappée d'impuissance.
Peut-être en sondant la pensée de CHATEAUBRIAND on trouverait au fond de tout un immense relativisme; le sentiment presque avoué qu’il n’y a pas de vérité mais que chaque chose est vraie à son heure, la nature de l’homme changeant en même temps que le contenu de l’esprit humain. Cela jetterait quelques lueurs sur la lutte des trois vérités et sur leur future alliance.
Mais quelles que soient les perspectives que nous ouvre cette théorie et les conjectures qu’elle autorise, elle éclaire fortement toute une partie du grand écrivain, ce qu’on pourrait appeler son fatalisme historique. Ce fatalisme se ramène à trois idées qui lui paraissent à travers l’histoire avoir eu la plus forte emprise sur l'esprit humain; la liberté philosophique, la liberté politique et la liberté morale où Religion. C’est parce qu’elles lui semblent avoir l’action la plus décisive sur l’histoire du monde qu’elles méritent d’être appelée vraies, plus encore, d’être saluées comme « les Trois Vérités », celles dont découlent les autres, les trois sources de l’esprit humain, les trois clefs du mystère de Pavenir.
Cependant CHATEAUBRIAND hésite devant le mystère. L'homme sera-t-il Dieu ou Satan, l’angé ou la bête ? Que trouvera-t-il au terme de la course? Questions malaisées auxquelles le grand romantique ne répondra que par de grandioses et vagues hypothèses laissant à Hugo avec le don de prophétie cette superbe assurance et cet infaillible optimisme qui font de lui le grand voyant du siècle.