UN DETERMINISME INFAILLIBLE
Mais quel que soit l’avenir c’est lui qui nous commande:
quel que soit le but de l’évolution c’est à lui que nous marchons infailliblement. Une mystérieuse Providence écarte tous les obstacles, aplanit tous les chemins. CHATEAUBRIAND décèle un calcul infaillible dans les grands mouveraents politiques et quand il décrit l’implacable fatalité des Révolutions, on s’attend comme dans BossuETr à voir apparaître la main de Dieu (5).
Celui qui détermine à tous ses moments le mouvement de l'histoire, qui écarte tous les hasards, qui appelle tous les concours, qui, supérieur aux hautes lois que les hommes ne peuvent fléchir règle la marche des trois Vérités, assurément, celui-là ne peut être qu’un Dieu. Mais ce n’est pas le Dieu de Bossuet. La Providence des théologiens, celle qui n’est ni dans l’espace ni dans le temps et qui voit tout, gouverne tout du sein de l'éternité, laisse aux hommes la liberté de leurs actes et aux causes secondes la spontanéité de leurs effets. La Providence de CHATEAUBRIAND est bien de ce monde; c’est un dessein humain qu’elle réalise peu à. peu et le but où elle vise est d’ici bas. Ce n’est pas d’après un plan surnaturel qu’elle ordonne les événements mais d’après une transformation du plan naturel; et pour ce, elle doit les serrer de très près.
Car si les plus grands désordres peuvent entrer dans l'ordre surnaturel et les plus grandes libertés, servir le dessein de Dieu, si les directions les plus diverses peuvent conduire les nations à leur fin théologique à la manière du dicton que tous les chemins mènent à Rome, dans l’ordre na-
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(5) « Quand les révolutions doivent s’accomplir on voit naître ou se maintenir aux affaires les hommes qui par leurs vertus ou leurs crimes, leur force ou leur faiblesse conduiront ces révolutions à leur terme; on voit en même temps mourir ou s'éloigner les hommes qui pourraient arrêter la marche des événements ». Histoire des Stuarts (Histoire de France, page 437).