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naissance. Elle reposait avec la tribune et la presse sur un ensemble d'institutions qui permettaient au citoyen de discuter la chose publique. Sous l’ancien régime chacun pouvait avoir ou non son opinion; il n’y avait pas d’Opinion. Avec la Révolution l’Opinion s’était constituée; elle avait ses organes, ses membres, sa majorité et sa minorité, ses décisions; et le développement de la presse sous la Restauration mêlait à la lutte des partis un public de plus en plus nombreux. CHATEAUBRIAND avec tout son siècle en conçut un immense espoir.
Il tenait avec autant de force aux rêves de l'avenir qu'aux songes du passé; le trône et la Liberté représentaient pour lui le nœud inévitable faute duquel la suite des temps serait rompue et le Progrès brisé. Si cette double exigence renfermait une trop forte contradiction il fallait tâcher d’en amortir le choc par l’interposition d’un principe modérateur.
La Religion est ce principe. Elle marque les devoirs de, chacun: elle fonde et tempère l’autorité ; elle convient essentiellement à la Liberté. CHATEAUBRIAND s’est demandé si la Déclaration des droits de l’homme était compatible avec la reconnaissance des droits de Dieu. Il est tout près à certains moments de faire de Jésus-Christ le premier des Sans- Culotte. 11 croit que la religion assagira la Liberté, l’inclinant au début devant la majesté du trône et la fortifiant peu à peu, la rendant capable de gouverner de plus en plus, jusqu’au jour où, le Mal ayant disparu du cœur des hommes, elle pourra régner sans partage. On sent passer dans certaines pages des Mémoires d’'Outre Tombe la grande espérance qui souffla dans le monde catholique à l'approche de 1848 et que sembla un moment couronner la révoluticn de Février. Chateaubriand vécut assez pour en: tendre le bruit des émeutes de juin. Comme Monseigneur