POUR FAIRE RESPECTER L’EVOLUTION
CHATEAUBRIAND a assez vécu puisqu'il peut annoncer le naufrage de l’avenir. Mais aura-t-il considéré sans peine la faillite de ses propres idées: la liberté de la presse engendrant la confusion des langues et le mouvement de l’Evolution poussant les peuples sous le joug?
Il nous répondrait sans doute qu’il n’y a là ni vraie liber- . té, ni authentique évolution, mais seulement, désordre et hu- maine impatience. Il fallait des freins à la liberté pour ” qu’elle se développât normalement; elle s’est perdue en les brisant, Et il pourrait nous rappeler ses campagnes monarchiques, son zèle religieux, toute cette partie de son existence dépensée au service de l’ordre.
Tant il est vrai que CHATEAUBRIAND est une étonnante synthèse, sinon, le lieu commun des plus éclatantes contradictions. Il y a en lui un anarchiste, et un conservateur: La Révolution et la Réaction peuvent trouver dans son œuvre leurs formules. Ses désirs et ses doutes, ses sentiments ei ses raisons se renversent si exactement qu’on se demande parfois si c’est le même homme qui parle. Il doute de la