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bonté humaine, il doute de la démocratie; mais il les rêvé, mais il y croit. Alors, ne pouvant leur trouver de place dans le présent, il les installe dans l’avenir, il les met au terme de l’'Evolution.
Et cela lui permet d’être fidèle à ces profonds sentiments qui lui viennent du passé: la religion et la monarchie. La religion, elle, ne cessera jamais parce qu’elle peut s’adapter à toutes les formes de l’univers et qu’elle est l'instrument de son progrès. Quant à la monarchie, elle vivra au moins autant que CHATEAUBRIAND, la transformation dé l’homme et du monde ne pouvaut s’opérer d’un seul coup. Ainsi le veut ce cœur innombrable: il peut chérir la monarchie dans le passé, la démocratie dans l'avenir et la religion dans tous les temps. |
Mais dans le présent ces deux ordres d'idées ne laissent pas de se contrecarrer et parfois de se contredire; on se demande souvent si CHATEAUBRIAND est encore monarchiste, s’il n’est pas déjà républicain. Comme dans tout Parlement bien organisé, il y a deux partis dans son cerveau, celui de la résistance et celui du mouvement. La résistance l’emporie au début de sa carrière politique, jusqu’à son passage au ministère; après sa chute le mouvement prend le dessus. Gette tendance s’accentue encore à l’avènement de Louts- Pixippe. C’est pour lui le temps des paroles équivoques et des situations risquées (1).
Ce dualisme de CHATEAUBRIAND, on le retrouve dans le détail de sa pensée et, pour ainsi dire, dans chaque lobe de son cerveau: nous avons rencontré le réactionnaire en cher-
(4) La lettre à Augustin THierRy. Ses amitiés républicaines : il échange avec Béranger els congratulations dithyrambiques.
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chant le libéral et nous retrouvons son libéralisme en étudiant son système monarchique et religieux.
C'est en nous parlant de la liberté qu’il nous mèné à la monarchie. L'autorité n’est à ses yeux que la servante du laisser-passer. Pour que la Liberté passe, pour que l’Evolution se déroule à l’abri des heurts, sans cassure, il faut la préserver d’abord de l’impatience des hommes et des risques de révolution. « L'essentiel est de distinguer la lenñté conspiration des âges de la conspiration hâtive des intérêts et des systèmes... Nous nous sommes efforcés d'arrêter le mouvement factice qui, précipitant la société trop vite dans le sens de sa pente, l’empêcherait de prendre son niveau quand le monde se transformera en république ou en monarchie républicaine » (2).