‹ Les Idées Politiques de ChâteaubriandChapitre 52 sur 91 · SAS · texte numérisé non relu

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& L'ordre, la paix, la prospérité des familles », ce sont des mots pour lui. Etaient-ce des mots pour les soldats de Bouvines et de Valmy, pour les gentilshommes ses ancêtres qui tombèrent au service du roi? Etaient-ce des mots pour les citoyens d'Athènes quand ils arrêtèrent les barbares à Marathon ?

« On ne se bat pas pour des idées abstraites d'ordre, de paix, de patrie ou si l’on se bat pour elles c’est qu’on y attache des idées de sacrifice » (46).

De sacrifice, c’est-à-dire d’expiation, de rédemption. CHATEAUBRIAND se refuse à voir l’utilité naturelle du sacrifice; ordre, paix, famille, patrie, restent pour lui « des idées abstraites », des choses inexistantes à moins de prendre un sens surnaturel.

Si on lui objectait que l’intérêt social a pu inspirer les plus grands dévouements, indépendamment de toute religion, que les Grecs n’allaient pas au combat pour Jupiter, mais pour défendre leur patrie, voyant en elle une réalité digne de tous les sacrifices, il nous répondrait que justement la patrie était la religion des anciens, que les soldats d’Athènes luttaient pour « leurs femmes, leurs enfants, leurs frères et les tombeaux de leurs ancêtres » (47), c’est-à-dire pour tous leurs dieux. Et peut-être aurait-il raison.

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