‹ Les Idées Politiques de ChâteaubriandChapitre 65 sur 91 · A PCT PR EE TN ES · texte numérisé non relu

A PCT PR EE TN ES

Est-ce à dire qu’il soit toujours facile de satisfaire son propre parti? On peut en douter; on peut craindre les ambitions inassouvies, les particularismes, les dissidences. Aussi CHATEAUBRIAND préconise-t-il un ministère nombreux, ce qui a l’avantage « d'augmenter le nombre des amis et des défenseurs du ministère » dans les Chambres et hors des Chambres, de diminuer les intrigues autour du ministère en satisfaisant un plus grand nombre d’ambitions (30) et enfin, (bien que CHATEAUBRIAND ait placé cet argument en premier lieu, nous n’hésitons pas à le donner après les deux autres)

< de diviser le travail et de multiplier les moyens ».

En dernier lieu pour que le ministère soit sûr et libre de son mouvement, il faut qu’il s'appuie sur une majorité constante et invariable, non sur des majorités de rechange (31). On peut rattacher à cette idée la doctrine de l’opposition systématique que CHATEAUBRIAND pratiquera contre VILLÈLE et qui est assez dans la logique de ses idées, bien qu’il ne l'ait pas exprimée tout d’abord.

En effet si la confiance entre les Chambres et le ministère doit être entière et sans réserve, le député perd la liberté de ses votes: il ne peut donner ou retirer sa confiance à sa guise, il ne doit pas se prononcer pour ou contre tel acte du Gouvernement mais pour ou contre le Gouvernement: il

faut qu’il soit ami ou ennemi. Cela classe les députés en

deux grands partis comme en Angleterre et cela donne de

la stabilité.

(30) XXVI, 62. Monarchie selon la Charte.

(31) « Dans une monarchie représentative, le Gouvernement doit avoir une majorité compacte, sûre, invariable, impertubable.. un ministère obligé de négocier entre un tiers parti et deux minorités pour acquérir la majorité, n’est maître de rien et doit tout perdre ». Du système politique suivi par les ministres, page 816.

Ainsi plus il avance dans le sens des institutions, plus il

paraît à CHATEAUBRIAND que le Gouvernement se trouve assuré. Il lui semble que les ministres sont d’autant plus libres qu’ils sont plus soumis à la loi de la majorité, d'autant plus sûrs d'eux-mêmes qu'ils sont plus fidèles à l'esprit de Ja Chambre.

Le contrôle parlementaire ne les gêne pas, il accroît leur pouvoir: il ajoute à leur gouvernement tout le poids de l'opinion publique. Car c’est l'opinion publique en définitive qui « est la source et le principe du ministère ». Si le ministère doit sortir de la majorité de la Chambre des Députés, c’est que les députés sont les principaux organes de Popinion populaire (32).

(32) Monarchie selon la Charte, XXIV, 59,

ne

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