‹ Les Idées Politiques de ChâteaubriandChapitre 72 sur 91 · CL O · texte numérisé non relu

CL O

dont les ministres du pouvoir avaient mis tout leur soin à la dépouiller.. Quelle part la nobicsse avait-elle aux opérations du Gouvernement? » (63). Mais si elle a beaucoup reçu de la monarchie nouvelle, c’est qu’elle a beaucoup à lui donner. Elle n’a plus à redouter les excès du pouvoir royal. Cette monarchie si envahissante au temps de sa vigueur, est assagie par l’âge; à son tour elle est menacée par des forces nouvelles. Le XIX: siècle est le siècle de la démocratie, de la souveraineté du peuple dont les excès sont plus redoutables que le despotisme d’un seul. C’est contre ce courant que doit s'élever l'aristocratie et qu’elle doit couvrir la monarchie:

« La Chambre des Pairs est par sa nature spécialement chargée de défendre la préoragtive royale: c’est une digue élevée pour arrêter la multitude au pied du trône ; c’est contre cette digue que doivent venir se briser les efforts de la démocratie (64) ».

Pauvre digue ! CHATEAUBRIAND n’est pas dupe de sa meétaphore. Quelque force qu’il mette dans son style, il sait bien que la réalité en est dépourvue. La Chambre des Pairs lui semble tout à fait dénuée d’autorité en elle-même, ne tirant quelque influence que du roi dont elle est issue ou de la Chambre des Députés sur qui parfois elle s'appuie.

Bref l’aristocratie lui paraît une « fiction ». Il lui manque la fortune et l'influence; elle ne pourrait prendre l'autorité dont jouit l'aristocratie anglaise qu’avec le temps et par un long usage (65).

(63) Réflexions politiques, page 108.

(64) Discours sur le recrutement et l’avancement dans l’armée, page 316. |

(65) Discours sur le recrutement et l'avancement dans l’armée, page 305,

Page 1