‹ Les Idées Politiques de ChâteaubriandChapitre 73 sur 91 · DEN) NET · texte numérisé non relu

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Encore sa position resterait bien fragile entre les deux pouvoirs qui n’ont cessé de grandir à ses côtés: le pouvoir de la monarchie centralisée, le pouvoir du peuple qui prend corps et conscience, qui tend à la démocratie. Entre ces deux puissances, les assemblées aristocratiques seront écrasées infailliblement: elles n’ont d'autre ressource que de s’abriter dans le giron du roi ou de se fondre dans le mouvement de la démocratie:

« Faibles contre le roi, elles n’empêchent pas le despotisme; faibles contre le peuple elles ne préviennent pas l’anarchie ». Ces prétendus contrepoids aristocratiques ne font qu’embarrasser la balance et seront jetés tôt ou tard hors du bassin. Une aristocratie ancienne et opulente, ayant l'habitude des affaires, n’a qu'un moyen de garder le pouvoir lorsqu'il lui échappe: c’est de passer du capitole au forum et de se placer à la tête du nouveau mouvement » (66).

Et encore la noblesse ne sera-t-elle pas emportée par le

courant en pensant le capter? Pour se faire accepter de la démocratie elle sera tentée d’en adopter les passions, de les flatter même et d’en précipiter la marche; elle ne fera qu’augmenter la violence des chocs entre le peuple et le roi, bien loin de les parer ou de les amortir.

Alors il n’y a d’espoir de paix que dans la bonne volonté des parties, dans le respect qu’elles ont pour la constitution.

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