‹ Les idées politiques des physiocrates. Avec une préf. de Maxime KovalevskyChapitre 2 sur 19 · IV PRÉFACE · texte numérisé non relu

IV PRÉFACE

naissances pratiques que la nation acquiert grâce à l'expérience et à la réllexion. Les disciples de Quesnay s'éloigneront de la méthode du maître et créeront une science déductive, en partant de la notion a priori de l'ordre naturel. Un d'entre eux, Le Trosne ira jusqu'à affirmer que les faits eux-mêmes doivent être jugés d'après les principes : « En vain voudrait-on dire que l'expérience qui est un résultat de faits, peut servir de guide, encore faut-il avoir des principes auxquels on puisse la comparer, et apprécier ses effets » (p. 180). Un autre disciple, Le Mercier de la Rivière, dira presqu'à la veille de la Révolution : « Pour établir l'ordre public sur ses véritables bases, il faut écarter les faits, ne consulter que la raison des choses, cette chaîne de vérités éternelles, à la pratique desquelles est attaché le bonheur de l'humanité » {Ibidem).

Ainsi l'auteur de la présente monographie indique luimême, dans ses conclusions, à quel point les épigones de la physiocratie se sont éloignés des procédés méthodologiques du fondateur de la doctrine.

On peut se demander s'il n'y a pas là un rapport direct avec ce fait que la doctrine physiocratique — non seulement dans sa partie économique, mais encore dans sa partie politique — a subi de profondes modifications au cours de son développement presque semi-séculaire. Chez Quesnay, elle se présente avec les caractères d'une déduction logique de ce principe primordial qu'il existe des lois immuables, liées à la nature réelle de la reproduction et de la circulation des richesses, des lois qui régissent la vie politique des peuples en général et des peuples agricoles en particulier : ces lois, qu'il appelle naturelles, trouvent leur expression et dans les

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