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CHAPITRE VII

l'apologétique de plutarque, les objections a la religion grecque

« Si les dieux font quelque chose de honteux, avait dit Euripide, ce ne sont pas des dieux (1). » FA sans doute les trouva-t-il plus d'une fois en faute, puisqu'il assure ailleurs qu'il n'y a point de dieux du tout et que le dogme de leur existence est seulement l'inventiort d'un imposteur bien intentionné (2). Jusqu'à la réaction mystique dont témoignent les Bacchantes, il resta l'ennemi de la religion des ancêtres. Ce poète philosophe, disciple d'Anaxagore et peut-être aussi de Socrate, dont l'esprit critique averti fait parfois tort à l'émotion et qui, d'après Aristophane, avait frappé mortellement le régime des meilleurs en apprenant aux matelots à raisonner leur obéissance (3), cet érudit informé de toutes les légendes antiques, pouvait-il vénérer autrement que du bout des lèvres les divinités dont il mettait les débordements au théâtre ? Aussi, se joue-t-il parfois de sa propre fiction, et ses personnages prennent eux-mêmes la parole pour signaler l'invraisemblance et l'immoralité de la fable où les mêle, pour leur malheur, le caprice d'en haut. « Les dieux, observe l'un d'entre eux avec mélancolie, prennent bien des moyens divers pour nous tromper ; car ils sont plus puissants que nous (4). » Aussi La Fontaine est-il bien dans la tradition de la poésie antique en supposant un Jupiter qui se venge d'une promesse mal tenue par un insigne mensonge :

Mais, après quelques jours, le dieu l'attrapa bien (•").

(1) De Sloicorum Repugnanliis, X\\lil, 1049 E.

(2) De Placilis pliilosophorum, 1, 7, 880 E.

(3) Grenouilles, 1070-1072.

(4) De Audiendis Poetis, IV, 20 F, 21 A. {6)Fables,\\, i3.

Jaloux des liommes, et souvent de façon assez basse, les dieux leur tendent volontiers des pièges. Dans Y Iliade, leurs ruses de guerre sont odieuses plus encore que naïves. Dans VIon d'Euripide, Apollon lui-même, pour se débarrasser d'un bâtard qu'il eut de Creuse, le fait ])asser pour le lils de Xouthos, qui, fort heureusement, s'y laisse prendre. Au dénouement il se dérobe à la colère du jeune homme et de la mère, en leur dépêchant Athêna pour les apaiser.

C'est que les dieux, en général, ne sont guère délicats en amour. Un poète a pu justifier par l'exemple de Zeus l'inceste d'un Ptolémée (1). Ce père vénérable des hommes et des dieux prend les^ déguisements les plus étranges pour faire violence à celle dont il s'éprend, et les reproches de l'acariâtre Héra le touchent peu. Heureux quand sa passion s'arrête aux femmes!... L'adultère d'Aphrodite et d'Ares est la fable de son entourage ; et le lamentable Héphaïstos, échanson boiteux et mari trompé, suscite, au lieu d'une pitié muette, des rires inextinguibles, et cela dès Homère.

C'est surtout avec Lucien (si peu de temps après notre écrivain !) que le caractère grotesque des scènes de l'Olympe sera mis en lumière. Dépouillées de toute leur valeur symbolique et de l'éclat du style des poètes, les aventures des dieux apparaissent chez lui comme des imaginations aussi plates qu'absurdes. Zeus est à la fois un bourgeois stupide, un satrape en délire et un vieux débauché. Tantôt il prodigue au petit Ganymède, en dépit d'Héra, des caresses suspectes (2). Tantôt la fantaisie lui prend de se faire ouvrir le crâne d'où doit sortir Athéna (3). S'il apprend que Dionysos enfant donne déjà des signes de cruauté : « Voilà-t-il pas, dit-il avec satisfaction, de beaux traits de courage ? Il tient de son père (4) ! « Promèthée qu'il persécute déclare sa conduite indigne, non seulement d'un dieu, mais d'un simple roi (5). Mais au fond, le Titan, tout foudroyé qu'il est, n'a pas grand'peur de son bourreau. Car les dieux ont beau se partager le monde ; les vrais rois de la terre sont ceux qui l'ont su rendre fertile et qui l'ornent de jardins et de beaux bâtiments (ti). Les Olympiens sont des figurants encombrants, fort empêtrés dans leurs attributions aussi diverses qu'écrasantes (7). Chacun prétend avoir un métier : l'un forgeron, l'autre médecin. Mais

(1) Symposiaca, 1\, 1, 2, 73f)E.

("2) Dialoijaes des ilieux, V, 5.

'3) Ihid.', VIII.

(4) Ibid., Wlll, 19.

(5) Proinéthce, VIII.

(6) Ibid., \IV.

(7) Ibid., XXIV.

ils se sont si mal partagé le travail qu'aux accouchements on prépose Artémis qui se dit vierge (1). Pour la divination, la concurrence est sérieuse, et Zeus se plaint de celle d'Apollon (2).

Ces dieux-là sont si ridicules qu'on peut bien les croire inoffensifs. Mais ils ne l'ont pas toujours été. Ce que les petites intrigues de l'Olympe ont de contraire à la majesté divine n'est pas, semble-t-il, très nettement senti jusqu'à Lucien. L'on est révolté de l'injustice et de la nialfaisance des dieux plus qu'on ne s'amuse de leurs amours contrariées. Ils poussent parfois les hommes au crime pour se venger d'une injure insignifiante (3). Sans les laisser disposer de leur libre arbitre, ils les excitent à se lancer dans une lutte inégale avec la fatalité. Si les destins accablent un mortel jusque-là chéri d'eux, ils lui retirent leur protection : victrix causa dits placiiit... « Hector, dit Homère, s'en alla vers l'Hadès ; et Phébus-Apollon l'abandonna (4). »

L'on ne sait pas très clairement, à la vérité, ce qui l'emporte, de leur volonté propre, assez diverse en ses manifestations, ou de l'ordre du destin. Mais, dans la poésie, comme dans le langage courant, ils sont le plus souvent rendus responsables de nos souffrances. « Zeus, dit encore Homère, est pour nous l'ordonnateur de la guerre (5). » Il nous fait une vie telle que, de tous les animaux, l'homme est le ' plus malheureux (6). Et, dans les deux tonneaux, il puise au hasard les biens et les maux, sans s'inquiéter sur qui l'un ou l'autre tombe (7). Si quelque discernement préside à cette répartition, ce n'est point en faveur des gens de bien. La passion gouverne les dieux plutôt que la justice. Ennemis du progrès, quiconque travaille au développement de l'activité humaine leur devient suspect. Ils se vengent, mais ne punissent point ; et l'on ignore à quellç génération s'arrêtera leur rancune inassouvie (8). Ils sont d'autant plus difiiciles à satisfaire, qu'ils indiquent d'ordinaire leurs volontés en termes obscurs et voilés. Nul soutien d'ailleurs en eux ; nulle force qui permette à l'homme de se surmonter. Aussi, même lorsque l'on sait le bien, le courage manque pour l'accomplir (9). Ne pouvant finalement rien espérer d'eux, on s'efforce d'y songer le moins possible ;

(1) Dialogues des dieux, XVI, 2.

(■2) Ibid., XVI, 1 ; Icaroménippe, XXIV.

(3) DeAudiendis Poetis, II, 17 A.

(4) Ibid., II, 17 B.

(5) De Audiendis Poetis, II, 17 B.

(6) Animine an mrporis..., I, 500 B.

{7) y« Exilio, IV, 600 C.

<8) De sera num. vind., XII, 556 E.

<9) De Audiendis Poetis, XII, 33 E.

et le poète écrit : « La divinité est la terreur des gens de bien (1). » La mort même ne met point un terme à ces persécutions. Ce qui attend l'homme après qu'il a quitté la terre, c'est « un séjour d'épouvante, peuplé de fantômes, dans un lieu sauvage, où coulent des fleuves enflammés (2) ».

Aucun dieu n'est essentiellement bon, au sens où l'on commençait à prendre ce mot en raison de rafiliiement des mœurs et de la diffusion d'une sorte de bienveillance universelle.

Bons en eux-mêmes, c'est-à-dire ayant une valeur propre, une puissance personnelle, les Olympiens ne sont pas bons pour nous. En revanche, plusieurs sont vraiments malfaisants. Cypris est l'amour éhonté, la passion dans toute sa brutalité, « l'enfer, la rage, la folie (3) ». Son amant, Ares, n'est pas moins effréné. « C'est un aveugle; sans y voir, sous l'aspect d'un sanglier, il jette partout le trouble (4). » Il se plaît à voir les hommes s'entretuer ; il préside aux combats, aux sièges, aux rafles d'esclaves (5).

Du moins les mortels, comme l'a supposé plus tard un philosophe épris du pessimisme joyeux des Grecs, ont-fls la satisfaction de contempler, dans l'Olympe, une image embellie de leur existence ? Peuvent-ils s'abandonner à la pensée que la vie, quelque part, a trouvé son achèvement, que ces êtres indifférents à nos souflranccs jouissent, eux, d'un bonheur complet, qu'ils mènent une existence harmonieuse et noble, dont le spectacle doit suffire à notre contentement. Homère l'affirme : « Les dieux bienheureux, dit-U, se réjouissent tous les jours (6). » Et aussi : « Les dieux ont destiné les faibles mortels à vivre dans la peine; mais eux-mêmes sont exempts de soucis (7). » Mais des faits précis démentent cette affirmation hardie ; loin de mener une existence pacifique, les dieux se battent entre eux. Poséidon a successivement été vaincu par Athêna, par Phébus, par Zcus (8). Et j'en passe ! Ils entrent aussi dans les querelles des hommes, et n'y ont pas toujours le dessus, puisqu'Aphrodite est blessée par Diomède (9).

Que serait-ce si nous passions aux divinités égyptiennes, filles d'un peuple qui n'a qu'un sens atténué de la mesure ? Plutarque,

(1) De Audiendis Poeiis, XIF, U A.

(i) Ibid., II, U B.

(3) Arimtorius, XIIl, 757 A.

(4) H>id., 757 B.

(5) Ibid., 7o7 C.

(6) De Audiendis Poelis, IV, 20 E.

(7) Ihid., iOE.

(8) Syinposiacn, IX, 6, d, 741 A.

(9) Ibid., IX, 4, 1, 739 B.

malgré son admiration pour le mythe d'Osiris, n'ose rapporter certains épisodes de la légende qui sonnent par trop mal, comme la décollation d'Isis par son fds Horos, et l'étrange partage des membres dudit Horos (1).

Quelque biais que l'on prît, il était fort difficile de voir dans tous ces dieux des êtres soustraits pour jamais aux passions et aux misères de la condition humaine. 11 se trouva, dès le siècle d'Alexandre, un écrivain pour le dire. Ce fut Evhémére de Messine (2), dont C.allimaque de Cyrène dit avec une sombre ironie : « Allez en foule devant le rempart, au temple où le vieux menteur qui a fait de Zeus l'ancien un simple bronze vous glace par ses discours impies (3). » On a supposé que la diffusion, sinon l'éclosion de son système, fut favorisée par l'entourage d'Alexandre, désireux de préparer les esprits à l'apothéose du roi (4). La raison qui militerait en faveur de cette hypothèse est qu'Éphore, également contemporain du héros, avait soutenu des idées analogues (5). Mais, en fait, l'évhémérisme s'est répandu surtout après Alexandre. Le prétendu voyage d'Évhémère, dont nous allons parler, paraît se placer au temps des diadocjues, Cassandre n'étant plus considéré seulement comme régent, mais bien comme roi de Macédoine. .Alexandre, enfin, ne prétendait pas être un homme digne, par ses vertus, d'être mis au rang des dieux, mais bien un dieu véritable, fils de Zeus.

L'ouvrage d'l?vhémére, 'U-A 'Avaypay/,, dont le titre se traduit habituellement par celui d'Hisloire sacrée, est la relation fantastique d'une visite que l'auteur prétend avoir faite, du temps qu'il servait Cassandre, à l'île merveilleuse de Panchée. C'est là qu'il avait fait escale au cours d'une mission mal définie, sur la route des Indes, en venant de l'Arabie Heureuse. Séjour chaniiant, plein d'oiseaux et de fleurs, elle méritait d'être habitée par les dieux mêmes (6). Aussi bien avait-elle été leur résidence primitive. A soixante stades de Panara, la ville principale, on admirait un temple magnifique de Zeus triphylien, auquel aboutissait une avenue bordée de statues gigantesques des dieux. C'était l'ouvrage de Zeus même, qui l'avait bâti pendant son règne sur la terre. Son lit et sa table y étaient encore conservés.

Au pied du lit, Évhémère avait pu lire, sur une colonne d'or,

(i) De Iside et Osiride, XX, 358 E. ■

'2) C'est la patrie que lui donnent Plutarquc et Diodore de Sicile ; le pseudo- Plutarquc le dit originaire de Tégéc ; d'autres, d'Athènes ou d'Agrigente. (.3j De Placilis philosophorum, 1, 7, 880 D. ('») Cf. Wellmann, /EgypUaca. Hermès, 4896.

(5) Cf. G.DuMKiuL, Evhémère et l'Evliémérisme{lhHe de Toulouse, 1893). (h) DiODOKK ijE Sicile, V, 41, 4sqq.

l'inscription sainte qu'il prétendait reproduire. Rédigée par Hermès, elle contenait l'histoire d'Ouranos, de Cronos, de Zcus, d'Artémis et d'Apollon. On y voyait qu'Ouranos, le plus ancien roi du monde, avait le premier par de.s sacrifices honoré les dieux célestes ; d'où son nom. Cronos, puis Zeus, lui succédèrent, sans aucune trace de ces querelles parricides que rapportent les poètes. Athêna n'était point sortie du cerveau de Zeus, mais issue d'un mariage légitime de ce prince avec Thémis. Ayant voyagé dans bien des pays étrangers et remporté bien des victoires, il reçut partout les honneurs divins, qu'il avait le premier décernés à .son aïeul Ouranos (1).

La liction du voyage à Panchée ne pouvait tromper personne, et Plutarque a beau jeu, sans doute, à railler ;: ces noms de généraux, d'amiraux et de rois, écrits en lettres d'or dans une île où n'a jamais abordé ni barbare, ni Grec, mais où le seul Évhémère alla, lui, l'explorateur de ces pays qui n'existent ni n'existèrent en aucun point de la teiTe (2) ».

Mais, indépendamment de l'expédition romanesque dont le récit devait attirer les lecteurs, l'interprétation de la mythologie que proposait Évhémère ne manquait ni de bon sens, ni de respect pour la religion. Les épisodes incroyables ou scand'xlcux de l'histoire des dieux sont soigneusement retranchés. On admet qu'ils ont été de firands hommes, des princes habiles, des guerriers intrépides ; €t l'on ne cherche pas à porter atteinte à leur culte, puisque les habitants de Panchée, dont on loue la piété, ne les en vénèrent pas moins pour connaître leurs origines. Évhémère, quelles qu'aient pu d'ailleurs être ses arrière-pensées politiques, paraît s'être proposé seulement de rernettre au .second rang les Olympiens ; mais il admettait, ainsi que Diodore, une classe supérieure, comprenant les dieux éternels, comme les astres et les vents (3). Il aboutissait donc à une sorte de religion astronomique, comparable à celle des Chaldéens (4).

L'évhémérisnie peut être considéré comme un essai d'épuration du polythéisme grec. Plutarque n'en invective pas moins vivement

(1) Cf. DiODOHE DE Sicile, VI, ap. Eusèbe., Préparation évangélique, II, 2, 52 sq. — Certains détails du fragment conservé par Euscbe sont en «ontradiction avec le livre V. D'après ce dernier livre, le temple se trouve dans la plaine; d'après le livre VI, au sommet d'une montagne. La fameuse inscription serait en caractères égyptiens d'après l'un, panchaïques, d'après l'autre.

(2) De Iside et Osiride, XXIII, 360 .\^. — Dion, dans sa Troyenne (Discours XI) use d'une fiction analogue, en se disant renseigné par un prôtre «gypticn; cf. D'Ahmm, op. cit., p. 167.

(3) EusÈRK, op. et loc. cit.

(i) De Iside et Osiride, XLVIH, 370 G.

contre ces gens qui « ouvrent à deux battants les portes à tout ce peuple d'athées qui veut humaniser la divinité (1) ». Il se plaint du libre cours qu'on laisse aux sornettes d'Évhéinère de Messine ; mais il fera pourtant un judicieux usage de ses idées ; et la parenté des doctrines qu'il expose avec l'impiété qu'il dénonce, ajjparaîtra, même à son insu.

(i) De hide et Osiride. \XIII, 360 A.

CHAPITHE VIII l'apologétiouk de plutarque,

lES OliJECIIONS A LA RVXIGION GRECQUE. 1 A HÉFl"rA1 U'N

« Brasidas, dit-on, ayant retiré la (loche dont il avait "té hless? s'en servit pour frapper son at<resseur, et l'en tna (1). » Cette heureuse riposte excite à juste titre l'admiration de Plutarque ; aussi n'agirat-il pas autrement que Brasidas ; car il retournera le plus souvent possible contre ses atlversaires les arfjuments qu'on ojjpose à sa foi sans uuagcs.

Que l'histoire des dieux soit un tissu de faits condamnables et d'inventions fort éloignées de la vraisemblance, Plutarque n'en disconvient pas. Il serait d'ailleurs bien empêché de le contester, puisque son amour de l'archéologie l'a poussé précisément à colliger mille récits où les dieux déflorent les vierges, poussent à l'inceste pères et filles, mères et fils, sanctifient la mauvaise foi, réduisent leurs victimes au désespoir, au suicide, à la folie. Il n'ignore pas que l'initiation, qui vaut aux hommes tant de faveurs célestes, n'est pas une preuve d« vertu (2), ni que les dieux compromettent souvent l'équilibre mental de leurs favoris en leur inspirant une fureur qui, pour être sacrée, n'en est pas moins dangereuse. Et jiourtant il croit, il ne peut pas ne pas croire, puisque Pliébus, le dieu de Delphes, a marqué sa puissance en rendant au sanctuaire prophétique sa splendeur d'autrefois.

Comment donc concilier la raison et la foi ? « Facile entre])rise ! ont dit certains modernes, puisque la foi n'a point revêtu chez les anciens une forme immuable et dogmatique. « Ils oublient que, dans la pensée des Grecs et des Romains, comme dans leur vie, la tradition s'était fait la part du lion. La foi des pères, l'ancienne foi, termes dangereux, armes sûres contre quiconijue veut humaniser

(t) De sera num. vind., I, 548 B.

(2) De Audiendis Poetis, IV, 21 E.

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