‹ Les Idées Sociales d'Eugène SueChapitre 17 sur 43 · PAU · texte numérisé non relu

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les crédits demandés. Avec ces banques, il faut constituer un patronage éclairé, charitable et paternel, de la classe commerciale et supérieure sur le prolétariat industriel. Le système de remboursement est celui de Sue. Le système semble être praticable, car un magistrat de Toulouse fait connaître à Sue (dans une lettre du 7 août 1845) qu’une institution de ce genre existait déjà à Toulouse et que les ravages de l’usure sont diminués dans la ville.

Sainte Beuve nous raconte aussi que les procureurs du roi des chefs-lieux d’arrondissement et même les présidents de cour sont émus et correspondent avec l’auteur des Mystères de Paris pour lui soumettre leurs idées et discuter les siennes (chroniques parisiennes, pp. 80-82).

Nous avons à examiner les systèmes communaux et coopératifs, appliqués par Sue à l’agriculture et à la manufacture. Il est difficile de dire avec précision quelle est l’école de Sue. Nous croyons remarquer dans son œuvre un mélange de plusieurs systèmes, mais nul système précis dans sa totalité. Prenons chronologiquement les diverses associations proposées par Sue, afin de dégager le développement de son esprit. Nous avons, d’abord, la ferme de Bouqueval (Myst. de Paris, t. 3, ch. 6), puis la ferme du D' Gastermi, puis l’établissement de sa nièce Juliette Dumont, puis de son neveu Thomas. (La Gourmandise, ch. 14). Dans ces établissements, les ouvriers doivent être capables et bons travailleurs. Ils obtiennent un juste salaire 6 fr. pour la journée de 8 h.) et à la fin de l’année ils partagent entre eux un cinquième des profits : le reste serait employé pour le développement et l'administration et les frais de l’établissement, pour établir des asiles pour les vieux et les malades. C’est là le système de L. Blanc en partie. (Org. du Travail. Contrat. 1830. — La Société de l’industrie fraternelle. Cf. aussi la note d’Agricol Perdiguier à la fin).

Citons l’article 5 de son contrat: « Chaque ouvrier sera payé, sur le prix des travaux, à raison de 5 fr. par 8 h. de travail. Les bénéfices obtenus au-dessus de cette somme feront partie du fond commun.

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Article 3. — Il y aura un conseil ayant mission d’inspecter les travaux et de veiller à ce que chacun remiplisse sa tâche.

Art. 7. — Tout associé devenu infirme ou malade et qui en justifiera, aura droit au même salaire et aux mêmes avantages que s’il fût resté bien portant.

Art. 30. — Au bout de chaque année, il y aura une réunion générale et. partage des bénéfices ». Il y a quelques phrases dont se sert Sue à plusieurs reprises, qui se trouvent reparaître chez certains écrivains sociologues. Notamment : « La société n’est pas équitable, car elle a entre les mains les moyens de détruire le mal dans sa racine ». Voici un extrait d’un livre d'Emile Berès (Les classes ouvrières, Paris, Charpentier, 1836. Ouvrage couronné par l’Acad. française) qui donne des propositions pour l’amélioration de la condition des ouvriers, propositions que nous avons remarquées chez Sue. (Misères des enfants trouvés).

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