LE CRIME. — CAUSE ET PUNITION. — PRISONS
Tous les grands criminels dans les romans de Sue semblent avoir été pervertis pendant leur enfance. On ne prétend pas dire que Sue donne précisément un type comme la veuve Martial pour l'honneur de son sexe et le modèle des mères, mais il fait peser sur la société une si grande partie de la responsabilité des crimes des habitants de l’île du Ravageur (Les Mystères de Paris) qu’on est presque tenté de les plaindre au lieu de les blâmer. La même critique peut s'appliquer à tous ses types, Tortillard, Bras- Rouge, Bamboche, La Louve (Les Mystères de Paris) avec beaucoup d’autres, selon lui, le produit d’une société insouciante de leur sort, qui les pousse au crime. Nous voyons aussi la mauvaise influence des parents. L’amour de la veuve Martial pour ses enfants est proportionnel à leur perversité : elle a de l’éloïgnement pour ses jeunes enfants qui n’annoncent pas des dipositions mauvaises et elle haït le seul de ses fils qui, sans mener une vie irréprochable, a le tort de n’être ni voleur ni assassin. « Je te renie, lui dit-elle; ton frère est au bagne, ton grand” père et ton père ont bravement fini sur l’échafaud en narguant le prêtre et le bourreau. Il fallait les venger, te montrer un vrai Martial, cracher sur le couteau de Charlot et sur la casaque rouge et finir comme père, mère, frère et sœur ». Tels sont les enseignements que cette excellente mère de famille donne autour d’elle. Chaque mère prédestine ses enfants à unie carrière; celleci prédestine les siens au vol, au brigandage, à l’assassinat; elle travaille à détruire leur innocence native; elle