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sème chez eux le germe des mauvais penchants qui leur manquent. Elle rêve maternellement pour ses fils et ses filles la guillotine. Sur les marches de l’échafaud, l’avenir de ses enfants occupe ses pensées. Elle se montre assez rassurée sur la destinée de François et d’Amandine qui vont rester orphelins à douze et treize ans. « Ils ont du vice, dit-elle, la misère les achèvera » (Myst. de Paris). De même pour les autres criminels : leurs parents les ont voués au crime dès leur enfance. Au lieu de leur apprendre un état respectable, on leur a enseigné celui du crime. En lisant l’histoire de Rose-Pompon (Le Juif Errant) on est frappé de la vérité des remarques de la mère Arsène : « Pauvres enfants ! Qui est-ce qui s’en occupe ? Ni le père, ni la mère, ils sont à leur tâche ». Chez la majorité des criminels, la grande cause de leurs penchants vicieux est le manque de surveillance de la part des parenis. « Le nombre des parents criminels fait apprécier l'éducation qu’ont dû recevoir les enfants sous la tutelle de semblables guides. Instruits au mal par leurs pères, les fils ont failli sous leurs ordres et ont cru bien faire en suivant leur exemple. Atteints par la justice, ils se résignent à partager la prison, le destin de leur famille : ils n’y apportent que l’émulation du vice, et il faut vraiment qu’une lueur de la grâce divine existe encore au fond de ces rudes et grossières natures pour que tous germes honnêtes ne soient pas éteints >» (M. De Brétiquières : sur la Colonie pénitentiaire de Mettray. Séance de la Chambre du 12 mars 1842).
Dans la prison de St-Lazare, Sue se demande quel enchaînement de causes funestes a pu amener là celles des misérables qui ont connu la pudeur et la chasteté. Il se répond que c’est rarement la passion pour la débauche mais le délaissement, le mauvais exemple, l'éducation perverse et surtout la faim. Mais il ne s’arrête pas là. Il ajoute que les classes pauvres payent seules à la civilisation cet impôt de l’âme et du corps. Nicolas Martial reconnut bien que c'était le milieu de son jeune frère et de sa jeune sœur qui allait les corrompre. Il les plaint de leur sort en leur di-