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Le mal existe donc. Commençons avec Sue, à l’origine du mal, avec la famille et la responsabilité des parents envers leurs enfants. Villermé résume ainsi la question (Tableau de l’état physique et moral des ouvriers, 1840. Ouvrage entrepris pour l’Ac. des Sc. Mor. et Pol., p. 48 et sui., Renouard et C°).
On doit travailler à ne donner au peüple que de bonnes habitudes. Il faudrait s’occupen des enfants. Il faut les soustraire à la pernicieuse influence des habitudes de leurs parents. Les malheureux enfants ne voient que désordres, n’entendent que propos obscènes, ne s’imenfants tués à petit feu par leur mère ! Oui, voilà ce que pureté, façonnés par les mauvais exemples et ne pouvant connaître autre chose, ils imitent ce qu’ils voient faire et ils deviennent nécessairement criminels comme leurs pères; et aussi débauchés et abrutis. « Aïnsi se transmettent de génération en génération, par la force ou la contagion de l’exemple, et se perpétuent par celle de lhabitude, la grossièreté, les mauvaises mœurs, les mauvais penchants, la dépravation et la misère » (Id., p. 49.
Louis Blanc (Organisation du Travail, 1830, p. 45) et Frégier (Les classes dangereuses de la pop., t. I, p. 53) affirment que le malheureux qui est né dans la boue des grandes villes n’a reçu aucune notion morale. Il a grandi au milieu des enseignements et des images du vice. Son. libre arbitre a été perverti dès le berceau. Il va sans dire que si les parents sont des criminels et s’ils ont élevé et enseigné leurs enfants sans aucune influence bonne ou mauvaise de l’extérieur de la famille, ces enfants seront pervertis. Mais Sue tâche de traiter sérieusement la question et d’en faire une thèse. Nous avons vu qu’en général tous les membres de la famille de l’ouvrier doivent travailler pour gagner assez à les faire vivre tous. Les jeunes enfants donc grandissent sans frein et sans instruction de la part des parents. Cette liberté a souvent de funestes résultats.
La plus grande influence qui puisse se manifester est celle du mauvais exemple et du milieu où se trouvent les
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enfants et les jeunes gens. C’est ici que Sue se montre plus précis dans ses idées. Comme il le remarque à plusieurs raprises, le bien-être et la moralité sont liés par d’intimes rapports, et l’un peut conduire à l’autre. « Il est rare que l’ouvrier probe, qui ne hante ni les cabarets, ni les mauvais lieux, qui comprend que tout minime que soit son salaire, il doit faire la part de la prévoyance, n'arrive pas à posséder quelques petites économies et à jouir d’une aisance relative au milieu de ses compagnons de travail et de fortune ». (Levasseur. Histoire des classes ouvrières en France, 1867, t. IV. Ouv. Cour. par l’Ac. des Sc. Mor. et Pol.). Le baron de Gérando à la Chambre des Pairs a parlé ainsi : « Messieurs, les bonnes mœurs sont un excellent auxiliaire pour le travail. Il n’y a pas de meilleurs ouvriers que ceux qui sont animés par des sentiments purs et honnêtes. Quand vous améliorez la classe ouvrière, vous augmentez son bien-être ». (Moniteur, 1840, p. 442).
Les qualités et les défauts, les vertus et les vices sont principalement les résultats de leurs alentours : en un mot des circonstances dans lesquelles ils vivent et surtout de celles dans lesquelles on les élève. (Villermé, Loc. cit.). Selon Villermé (ouvrage cité, t. II, p. 35), les ouvriers boivent d’abord des liqueurs spiritueuses par imitation, non par plaisir. Bientôt, à l’indifférence, succède une sensation agréable, puis un désir irrésistible et une passion qui augmente toujours. C’est au cabaret que l’ouvrier fait des dettes, qu’il les paie quand il peut, qu’il conclut ses marchés, qu’il contracte ses amitiés, et qu’il accorde même sa fille en mariage. Cela ruine le bonheur de la famille et pousse au crime. Plus tard, il affirme que l’ivrognerie est la cause principale des rixes, d’une foule de délits, de presque tous les désordres que les ouvriers coimmettent ou auxquels ils prennent part. (Villermé. Ouvrage cité t, D or):
Levasseur constate que les deux grandes plaies qui rongent la classe ouvrière et attaquent la moralité dans sa source en dissolvant la famille, sont livrognerie des