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hommes et le libertinage des femmes. (Ouvrage cité, t. 4, p. 479). Les enfants se trouvent ainsi toujours entourés de ces exemples. C’est la même plainte chez Sue. Quelles. étaient l’enfance et la jeunesse de Bamboche et de Basquine ? (Misères des Enfants Trouvés), de Fleur de Marie, de Tortillard (Myst. de Paris), de La louve et des jeunes. Martial du même livre ? de Rose-Pompon, de Céphise, et de tous les forçats du Juif Errant ? Ils n’avaient reçu nulle. instruction morale. D’après ce que dit Nicolas Martial (Myst. de Paris) ils vivaient avec des gueux et resteraient toujours des gueux. Ils étaient le produit de leur milieu. Les ouvriers exploités chez Sue s’enivrent pour oublier leurs misères; ils s’enivrent parce que la boisson, c’est l’amusement le moins cher que leur offre le système so
cial. À cette époque, dans les contrées septentrionales de l'Europe, le peuple s’enivrait avec de l’eau-de-vie de grains ou de pommes de terre. Le bon marché de celle-ci, le nombre considérable des distilleries où on la fabriquait, et leur grande multiplication depuis un certain nombre d’années, paraissaient y répandre l’ivrognerie beaucoup plus qu’autrefois. (Villermé, ouvrage cité, T. 2, p. 35). On trouve les mêmes constatations chez Villeneuve-Bargemont (Economie Politique Chrétienne, 1840).
Sue déclare que la faim pousse au crime. Il est rare qu’une misère profonde ne pousse pas à l’immoralité et que lés germes des sentiments honnêtes ne se flétrissent pas sous le poids de la faim inassouvie. Levasseur dit que « c’est à tort qu’on voudrait séparer la cause de la moralité de celle du bien-être. On ne ferait qu’égarer le pilote en lui faisant croire que ces deux étoiles ne guident pas vers le même port ». (Ouvrage cité. T. IV, p. 174). Louis Blanc et son école nous enseignent que la cause du désordre et de criminalité c’est la misère (Org. du travail, p. 47, 1830).
Nous avons vu comment Sue réclame l’amélioration du système social pour que la misère et l’ivrognerie (Cf aussi à ce sujet Villermé, ouvrage cité, p. 34 « Plus les. ouvriers sont en proie à la misère et au chagrin, plus ils.
en cherchent l'oubli dans l'ivresse ») soient abolies, afin que les crimes et les délits disparaissent en totalité. En cela, il s’accorde avec V. Bargemont qui dit que, quand l’immoralité se réunit à la misère, cette alliance inspire et enfante tous les crimes (Ec. Pol. Chr., 1840, p. 295). Mais la grande plainte de Sue est contre le système social et les conditions dans lesquelles travaillent les ouvriers. Par là, il entend le mélange des sexes dans les manufactures, la lutte pour l’existence, le manque d’éducation saine et morale, et pour les parents et pour les enfants, le mauvais étalage des richesses et par conséquent l'esprit d’émulation qui pousse les pauvres à s’emparer de ce qui n'est pas à eux; le chômage et le délaissement, la faible - influence de l’église. Les remèdes qu’il propose sont des. sociétés de secours et d’emploi pour les jeunes gens, l’éducation instructive et religieuse pour tous, la coopération de la classe capitaliste avec la classe ouvrière pour leur profit mutuel.
Nous apprenons chez Levasseur (Ouvrage cité, p. 479 et suivantes), que l’agglomération dans les manufactures et dans les villes, le mélange trop fréquent des sexes dans les ateliers, la société journalière des femmes corrompues, l’exiguité du salaire, les chômages qui suppriment tout à coup les moyens d’existence, les puissantes séductions dont la richesse débauchée est armée contre la beauté pauvre sont de grands périls. Quand la religion et l'éducation morale de la famille n’ont pas élevé dans le cœur d’une jeune fille un rempart assez solide contre la tentation, il est souvent difficile qu’elle ne cède pas à l’espoir de vivre dans l’abondance par le plaisir au lieu de végéter par le travail.
Les crimes et les délits dont la population urbaine se rend coupable, n’ont souvent d’autres causes que la vue des richesses et la facilité de s’en emparer par l’audace ou par la fraude, qui excite les mauvais instincts. Le vol des matières premières par l’ouvrier chargé de les mettre en œuvre n’est que le premier degré des attentats contre la propriété inspirés par le sentiment de la concupis-