NON
: tives puissent changer le monde capitaliste ell un monde socialiste (1).
Si, au point de vue économique, les coopératives appellent des critiques, dont la plus grave est qu'elles finissent par se transformer en véritables associations capitalisies, Sorel leur adresse un autre reproche encore plus sérieux, et qui constitue leur condam- . nation définitive : « Il manque aux coopératives l’esprit de révolte, c'est-à-dire l'esprit socialiste, car « le socialisme n’est que l'organisation de la révolte » (2).
Nous comprendrons mieux la portée de ce grief, quand nous saurons ce que notre auteur attend du rôle psychlogique des syndicats.
B) Rôle psychologique des syndicats
C'est leur rôle essentiel. Le syndicat est surtout, pour Sorel, le milieu propice de culture et de développement des mythes révolutionnaires, le groupement social où s’élaborent des institutions nouvelles, indépendantes de la bourgeoisie, l'instrument désigné de. la réorganisation morale du prolétariat.
Les études historiques et religieuses de notre auteur avaient attiré son attention sur le rôle, remarquable dans tous les grands mouvements, des « minorités agissantes ». La victoire favorise, non pas les plus nombreux, mais les plus audacieux. On pourrait multiplier les exemples. Georges Sorel semble avoir été particulièrement frappé par le rôle actif des instituts monasliques qui ont conservé dans le catholicisme un foyer ardent d'enthousiasme mystique,
(1) Introduction à l'Economie moderne, p. 124. (2) Insegnamenti, p. 182 et suivantes.