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QUATRIÈME PARTIE

L'influence de Georges Sorel

. QUATRIÈME PARTIE L’Influence de Georges Sorel

L’'internationalisme de Georges Sorel ne l’a pas empêché de reconnaître l’existence de traditions nationales particulières, de sorte qu’on ne saurait énoncer, dans les sciences sociales, de règles universelles, ni songer à transposer les institutions d’un pays dans un autre.

Il critique Le Play de n’avoir pas compris cette

vérité, et d’avoir cherché à introduire partout les principes de la vie sociale anglaise. Les peuples ne sont pas des usines qui doivent se tenir au courant des moindres progrès du machinisme, et l’on ne peut considérer telle institution étrangère comme un perfectionnement mécanique susceptible d’être adopté heureusement par les autres nations.

€ Dans la fabrication, phénomène purement physique, toutes choses sont de même espèce », tandis que chaque peuple est comme un être vivant, il possède son âme particulière avec ses qualités, ses tares originales (1). Il assimile seulement ce qui est conforme à ses tendances profondes. Ainsi, l’idée de Révolution, n'est-elle pas entendue de la même façon dans tous les pays : le groupe germanique et anglo-saxon l'envisage d’un point de vue réformiste et « statique » si l’on peut dire ; au

(1) Cf. Préface à Pelloutier, p. 28. — « Les SOCIQRPRES nationaux », in Cahiers de la Quinzaine, 1902, II, 16. Introduction à l'Economie moderne, p. 71. — Voir aussi

Réflexions, p. 329.

contraire, les nations latines sont plus favorables, par tempérament, à la thèse d’une Révolution violente et extra-légale ; leur conception revêt un caractère « dynamique ».

Cette théorie des « socialismes nationaux », dégagée par Georges Sorel, nous permet de comprendre pourquoi son influence a été variable suivant les pays. Nulle en Allemagne et en Angleterre, nous en trouverons les traces en France et en Italie, où ds disciples enthousiastes placent Sorel au tout premier rang de l’Olympe socialiste entre Karl Marx et Engels, et où les adversaires même du socialisme se réclament de lui. Nous nous demanderons également si certaines des idées de notre auteur n’ont pas pénétré jusque dans la lointaine Russie et contribué à l’avènement de la Révolution et à l’organisation du régime communiste sur les ruines de l’Empire des Tsars.

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