‹ Les Idées Sociales de Georges SorelChapitre 6 sur 47 · ZA SV ERS · texte numérisé non relu

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À côté des influences qui ont donné à l’œuvre sorélienne son esprit et ses caractères, il convient de dégager les sources qui ont alimenté cette œuvre, lui ont fourni ses sujets de discussion et les illustrations nécessaires au développement des idées.

Nous nous trouvons amenés ainsi à étudier la méthode de Georges Sorel.

Parmi ces sources, signalons d’abord celles qui ont fourni à Sorel le sujet et la matière même de ses travaux. La plupart du temps, en effet, nous l'avons remarqué à plusieurs reprises au cours de la revue de son œuvre, les livres de Sorel sont sortis directement d’autres livres. Ils en ont repris la donnée, mais pour la traiter d'un point de vue très différent, parfois même absolument opposé.

Ce point de vue est généralement indiqué, tout d'abord, dans un rapide compte rendu du livre étranger (1). Puis, « si la matière est riche, si le choc a éveillé tout un monde engourdi de sensations et de concepts, l’article succède au compte rendu ou le remplace; puis, vient le tirage à part qui, retouché plus tard, réformé, complété, s’enfle et déborde en un volume définitif » (2).

La Contribution à l'Etude profane de la Bible, suscitée par la lecture de Renan, « émigrera cinq ans plus tard, à travers des comptes rendus de toutes sortes, dans le Système historique-de Renan, qui en contient les meilleurs morceaux » (3).

(1) Nous citerons ici, à titre d'exemple, les articles de Sorel sur La Grandeur et décadence de Rome, de G. Ferrero, (Mouvement socialiste 1906, 1907 et 1908) et articles sur l’Evolution créatrice, de M. Bergson (Mouvement socialiste 1907) ; pour les innombrables comptes rendus et autres critiques de notre auteur. V. Bibliographie.

(2) JOHANNET, op. cit., page 189.

(3) ibid,

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Nous avons vu que le Procès de Socrate avait été inspiré par la Philosophie de Socrate, de M. Fouillée, et que la Ruine du Monde antique (1902) avait d’abord paru en 1894, dans l'Ere nouvelle, sous forme d’articles critiques sur la Fin du Paganisme, de M. Gaston Boissier. La Révolution Dreyfusienne est, de même, suggérée par l'Histoire de l'Affaire Dreyfus, de Reinach. | di

D'autre fois, Sorel nous donne ses opinions dans des préfaces à des livres de ses amis ou disciples ().

S'il nous est facile de distinguer les cas où Sorel a emprunté à autrui le thème de ses études, la recherche des sources secondaires où il a puisé les exemples susceptibles d’étayer son argumentation est beaucoup plus complexe et quasi impossible. C’est que Georges Sorel possédait « une culture générale immense et une érudition encyclopédique(2}, Mathématicien et physicien de profession, il étudia encore l’histoire, les lettres, la philosophie, tout le cercle des connaissances humaines » si bien qu'on a pu le comparer à un moine savant du Moyen- Age (3).

(1) Préface de la traduction française de l’Essai sur la conception matérialiste de l'histoire, d’'Antonio Labriola, 1896. Préface aux Formes et essences du socialisme, de Saverio Merlino, 1898. Préface à la traduction française du Socialisme, de Colajanni, 1899. Préface à l’Histoire des Bourses du travail, de Fernand Pelloutier, 1901. Préface au livre de Seligman, L’Interprétation économique de l'Histoire. Préface au livre d’Arturo Labriola, sur Karl Marx l’'économiste, le socialiste, 1909. Préface à Berth, Les Méfaits des Intellectuels, 1914.

(2) SPRoNCK : Correspondant, 10 janvier 1909. L'Esprit nouveau des Révolutionnaires, p. 37.

(3) Ibid.

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