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CABAMS AVANT LE 18 BRUMAIRE

Des généralités sur Hippocrate et sur ses ouvrages, proléi,^)luènes des leçons, seront suivies par l'explication des Apliorismes, des Pro7iostics et des Epidthnles dont il commentera M les sommités intlicatrices ». Il terminera par des considérations générales sur les réformes qu'exigent l'étude et la prati({ue de la médecine, sur la manière dont il convient d'y appliquer les méthodes analytiques et par l'énumération des devoirs sacrés de la profession médicale.

(Vest uniquement des devoirs du médecin que parle Cabanis dans son Discours de clôture. Les rapports moraux se fondent, disait-il. sur une certaine communauté d'idées et de sentiments; riiomme, éminemment sensible par sa nature, susceptible de partager les affections ou les pensées de tout ce qui l'entoure et d'imiter les actes dont il est le témoin, a en lui les sources de sa moralité, les principes de sa sociabilité et les causes de sa perfectibilité indélinie : « C'est dans la volonté .sentie en nous, ajoute-t-il, ou reconnue dans autrui, par ses signes propres, que consiste pour nous la moralité des actions bumaines. La volonté est ce qu'il y a de plus indépendant, de plus pur. de plus précieux dans l'bomme : c'est l'bomme lui-même (J). C'est ce que nous donnons, quand nous n'avons rien à refuser ; c'est ce que nous sommes le plus jaloux de conquérir; et les personnes que l'expérience et la réflexion ont le plus dégoûtées de toute espèce de puissance sont toujours touchées de celle qui s'exerce sur les cœurs ». La morale, connaissance des rapports qui s'établissent entre les hommes, art de les ré'gler dans l'intérêt de tous et de chacun, ou science du bonheur, se résume dans cette formule, applicable à tous les individus et à toutes les circonstances : « Fais à autrui ce que tu veux qu'il te soit fait ». Comme la nature de l'homme, les règles générales de la morale sont immuables, et si la volonté de la puissance inconnue qui gouverne l'univers daigne se manifester à nous, ce ne peut être que par les lois auxquelles nous sommes soumis (2). Il faut consulter ses forces avant d'entreprendre de grandes études et de s'imposer de sévères devoirs. Il faut avoii' le coup d'œil rapide et sûr qui fait le grand médecin ; une sen-

(1) Dans les Rapports, Cabanis renvoie à M. de Tracv pour établir que le moi réside exdusivement dans la volonté (ii, 301).

(2) Cabanis parle de même à la (in du premier Mémoire sur l'Histoii'e des sensations (i, 160). Cf. Voluey, ch. ii, § 3.

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sibilité \ive et prompte, jointe au besoin habituel de réilécliiisur ce qu'on a senti ; la faculté d'imitation ou le talent de reproduire la nature, porté sur des objets essentiels ; la faculté de se former rapidement des tableaux distincts de toutes ses sensations et d'en conserver l'empreinte ineffaçable ; enfin celle de mettre toujours spontanément et, comme malgré soi, ses souvenirs à côté de ses impressions, pour en chercher les lapporls. 11 faut connaître les langues anciennes et modernes, pour lire les textes originaux et pour suivre les contemporains dans les routes qu'ils souvrent. 11 faut surtout étudier les moyens par lesquels l'esprit arrive à la connaissance de la vérité, les procédés qu'il emploie pour acquérir les idées les plus exactes et les plus simples, pour en déduire l'art de les appliquer aux recherches les plus compliquées et les plus difficiles; il faut examiner les méthodes dans leurs apjilications particulières (1).

Enfin le médecin recherchera, dans les sciences étrangères, ce qui se rapporte aux principes les plus constants de son art : dans son art, ce qu'il peut fournir aux autres sciences : « Car il est évident, ajoute Cabanis en indiquant le plan sommaire de son ouvrage capital, que l'étude des facultés intellectuelles et des passions de Ihomme peut tirer de grandes lumières de la médecine; que, par suite, la morale et lart de l'éducation peuvent lui devoir un jour des vues nouvelles et, peut-être aussi, quelques moyens directs. Cette carrière, qui s'ouvre au génie, est belle et grande; il ne s'y agit de rien moins que de perfectionner les principaux instruments du bonheur de l'homme, et l'homme lui-même «.Et il termine par l'éloge de Dubreuil, dont il cite en exemples le caractère, la science et le dévouement.

Au commencement de l'an VI, Cabanis crut que l'instruction nationale allait être organisée sur un plan « digne des lumières du siècle et de la majesté de la république ». Il lui parut nécessaire de déterminer les rapports des différentes sciences et d'en circonscrire le domaine respectif, afin d'y transporter, avec fruit,

(1) Aussi il sait gré à Fleury d'avoir voulu donner à l'étude des objets les plus commiuis une grande place daus l'instruction des enfants « promenés chez les ouvriers et les artistes, placés au milieu des ateliers et des manufactures ». Il loue Garât d'avoir formé, dans son ministère de l'instruction publique, le projet de constituer une collection de livres élémentaires, dans lesquels on aurait fait Thistoire de tous les matériaux que chaque profession façonne; la description des outils, des méthodes qu'elle emploie, pour obliger chaque ouvrier à les connaître avant d'exercer ses droits de citoyen.

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