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CABANIS APRÈS LE 18 BRUMAIRE '■2'M

|)iiis. incapable de produire des inoiivements volontaires ; enfin, toute l'onction ^itale est anéantie. L'irritabilité doit être ramenée à la sensibilité. Le mouvement n'est qu'un effet de la vie, elles nerfs sont l'àme véritable des mouvements des libres musculaires. En outre, c'est de la sensibilité seule que dépend la perception de nos propres organes et des objets extérieurs. C'est en vertu de ces perceptions et des jugements cfue nous en tirons que s'exécutent les mouvements volontaires: les organesmoteurs sont donc soumis aux organes sensitil's et ne sont animés et dirigés que par eux. Enlin les mouvements involontaires et inaperçus dépendent d'impressions reçues par les diverses parties des organes, et ces impressions, de la sensibilité de ces parties.

Les impressions viennent des objets extérieurs et sont presque toujours aperçues par la conscience. Ou bien, reçues dans les organes internes et produites par les diverses fonctions vitales, elles passent inaperçues de la conscience et déterminent des mouvements dont nous ignorons la cause. Les philosophes analystes ont toujours négligé les dernières. En ce sens, Condillac a eu tort de dire que toutes nos idées nous viennent des sens et par les objets extérieurs. Car les impressions internes contribuent à la production des déterminations morales et des idées (1).

Il resterait à faire, pour elles, ce que Condillac a fait pour les impressions externes, à déterminer quelles affections morales et quelles idées en dépendent particulièrement; puis à les classer et à les décomposer, afin d'assigner à chaque organe celles qui lui sont propres ou qu'il concourt à produire. La seconde opération est actuellement impossible. On peut, jusqu'à un certain point, exécuter la première. L'existence du fœtus est

(Il « Ainsi dans rertaiues dispositions des organes internes, et notamment des viscères du bas-ventre, on est plus ou moins capable de sentir ou de penser. L'étnt de ces viscères peut même occasionner la folie, dont, très souvent aussi, lesoriranes de la génération sont le siège. Les songes, les rêveries qui suivent l'emploi des liqueurs enivrantes et des narcotiques, les dispositions vagues de bien-être ou de mal-être, que chacun éprouve journellement et qui dépendent de dérangements, I)lus ou moins graves, dans les parties internes du système nerveux, prouvent que les impressions, résultant des fonctions de plusieurs organes internes, contiibuent a produire les idées et les déterminations morales >-. Si G.ibauis insiste, c'est qu'il « s'agit dun des points les plus importants de la physiologie (psychologie dans l'ouvrage) et que le plus sage peut-être de tous les analystes, Condillac, s'est évidemment déclaré pour l'opinion contraire ». Remarquer tout ce passage où Cabanis se sépare de Condillac.

concentrée dans les impressions internes, dans les penchants, les déterminations qui en résultent, et donnent naissance aux mouvements des derniers temps de la grossesse. Quand l'enfant a vu le jour, les appétits, qui dépendent de son organisation et du caractère de sa sensibilité, se montrent avec évidence et mettent au jour le résultat sensible des opérations singulières que les lois ordonnatrices (1) ont conduites avec tant de lenteur et de silence. Avant d'avoir pu combiner les impressions qui l'assaillent en foule, l'enfant a des goûts, des penchants, des désirs. Il suce, en mettant en œuvre un mécanisme très savant aux yeux du physicien, le sein de sa nourrice; il exprime, par des mouvements distincts des muscles de la face, presque toute la suite des affections générales, propres à la nature humaine. C'est dans les impressions intérieures, dans leur concours simultané, dans leurs combinaisons sympathiques et dans leur répétition continuelle pendant le temps de la gestation, qu'il faut chercher la source de ces penchants, du langage de la physionomie qui les exprime, des déterminations qu'ils produisent.

De même, les petits des oiseaux nous fournissent des faits, qui se rapportent à leur structure particulière, aux progrès qu'ils ont faits dans la vie et au rôle qu'ils doivent y remplir (2).

Les phénomènes qui tiennent à la maturité des organes de la génération se produisent par le même mécanisme : ils ne sont le fruit d'aucune expérience, d'aucun raisonnement, d'aucun choix fondé sur le système connu des sensations. De même l'oiseau agite ses ailes privées de plumes, le chevreau frappe des cornes qu'il n'a pas encore. Mais, de tous les penchants qu'on ne peut rapporter à l'habitude, l'instinct maternel est le plus fort. Le temps qui précède la maternité nous montre, chez les animaux, une suite d'actions inexplicables dans la théorie

(1) A remarquer pour riutelligeûce de la Leltne sur les Causes premières.

(2) « Les petits des gallinacés marclient eu sort;int de la coque, courent après le 4j;rain et le saisissent, avec le bec, sans aucune erreur d'optique. Les petits chiens et les petits chats sentent de loin l'jipproche de leur mère et la distinguent de tout autre auimal de son espèce et de son sexe. Les petits des breljis et des chèvres vont, au moment même de leur naissance, chercher leur mère à des distances considérables».Cabanis revient, dans le dixième Mémoire, sur l'importance que présentent Tétude du fœtus et la détermination de réchelle idéologique des êtres. lia expliqué lui-même pourquoi il n'a pas craint de se répéter (n, 511) : c'est que ses idées s'éloignant beaucoup de la manière commune de voir, leurs principaux résultats étant absolument nouveaux, il a préféré se répéter plutôt que de ne pas mettre sa pensée dans tout son jour.

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