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CAIUMS APRÈS LE 18 BRUMAIRE

reprises, Cabanis comme un utlu'e intoli'vant. Eiilin Biraii et Ampi>re sont occupés à combattre ceux dont ils ont été fiers d'étro les disciples; Degérando est de plus en plus k religieux », LaroiniguitVe ne prononce pas une seule fois, dans ses Leçons, le nom de ses anciens amis, et Thurot prouve l'existence de Dieu et limmortalité de lame.

On devient de plus en plus sévère pour Cabanis. Il vaudi'ait mieux, dit-on, que la génération nouvelle débitât gravement les subtils riens des scolasti(]ues que d'être assez niaise pour répéter cette prodigieuse absurdité, d'un maître en pliysiologie, que le cerveau digère la pensée comme l'estomac digère les aliments ; il y a « mille erreurs » dans son ouvrage et le système en est aussi révoltant que bizarre (1). Cournot s'excuse de le citer. Si Peisse donne une nouvelle édition des Rapports, de Rémusat proclame (juil n'y trouve ni système, ni mélbode, que ce n'est ni un traité soientilique ni un traité philosopbique. Vainement Mignet voit-il en lui « le fondateur, bien qu'incomplet, d'une science nouvelle et l'utile réformateur d'une science ancienne» ; vainement Sainte- Beuve affirme que Cabanis devait avoir, comme philosophe, une valeur supérieure à celle qu'on lui attribue; ou finit par ne plus lui accorder qu'un mot dans les histoires de la philosophie (2) ; on le passe sous silence l'a) ou môme on donne à ses disciples, Biran et Ampère, ce «[ui lui appartient fort légitimement (4j. Et quand on est revenu en France aux études qui avaient illustré Cabanis, ceux-là même aux travaux desquels il eût applaudi, se sont gardés de le réclamer pour prédécesseur et ont préféré s'appuyer sur des noms étrangers et moins discrédités.

Nous n'avons aucune raison de nous ranger parmi les adversaires de Cabanis, pas plus que nous ne voulons, à la suite de quelques-uns de ses admirateurs, chercher dans ses œuvres des armes contre telle ou telle doctrine philosophique. Avant tout, et

(l)Larroque, Lycée, III, p. 203 à 21o.

(2) Hippeau fi839) doMue même l'ouvrag-e moral de Volney comme postérieur aux Rafiports 'p. 413), Eu;-'èae Lévèque se borne à dire que Cabanis « déduisit du sensualisme le matérialisme ».

(3) Garnier, Parallèle des écoles philosophiques, p. 217 du Précis d'un Cours de Psychologie, 1831 ; Henri Joly, Cours de philosophie et Histoire de la philosophie; Jourdain, Notions de philosophie et Histoire delà philosophie ; Bouillier Notions d'Histoire de la philosophie ; Fouillée, Histoire de la philosophie etn.'

(4) Voyez Bouillier, op. cit., surtout Ravaissonj Rapport (dtijà cité, § 1) ci Bertrand, la Psychologie de l'effort. '

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par-dessus tout, nous faisons avec impartialité œuvre d'historien. Nous avons montré l'originalité de Cabanis, nous avons expliqué pourquoi elle a été méconnue. Il nous reste à résumer brièvement les résultats auxquels nous sommes arrivé.

Disciple et admirateur des Grecs, de Turgot et de Franklin, de Condorcet et dedHolbach, de Voltaire et de Rousseau, de Bonnet, de Condillac et d'Helvétius, Cabanis a préparé, pour Mirabeau, le plus original peut-être des projets sur Tinstruction publique, qui aient été publiés pendant la Révolution ; pour Garât un travail, qui fait époque, sur les Révolutions etlaRé/aniie de la médecine. Professeur, il a admirablement exposé les devoirs d'une profession « qu'il regardait comme si sainte » fl) ; homme politique, il n'a songé qu'à la France et à ses concitoyens. Continuateur de Condorcet, il a défendu, et heureusement modifié ou développé la doctrine de la perfectibilité. Il a, dans les Rapports, créé la psychologie physiologique (2) et recommandé la psychologie animale, embryonnaire et morbide, insisté sur limportance dcr sensations internes et précédé ou préparé Lamarck et Darwin, Schopenhauer et Hartmann, Comte, Lewes et Preyer, sans compter ceux qui, par Biran et Ampère, lui ont fait indirectement plus d'un emprunt. La Lettre à Thurot a été la meilleure réponse au Génie du christianisme : les philosophes grecs, comme ceux de France, d'Italie et d'Angleterre, lui en ont fourni les éléments. Par cela môme, il a été conduit à l'histoire <' impartiale et intelligente » des philosophies, et Fauriel, son disciple, a transmis ses vues à Cousin et à Augustin Thierry. Enfin il a abordé les questions métaphysiques, qui tôt ou tard s'imposent au penseur, et a essayé, avec une sincérité absolue et une grande élévation, d'indiquer ses doutes, ses probabilités, ses certitudes: il a terminé sa vie spéculative avec les stoïciens platonisants, comme il l'avait commencée avec Homère, Hippocrate et Galien.

(1) LeUre inédite de M™e Cabanis, Manuscrit de Versailles.

(2) Rappelons encore un témoisnaçe qui ne saurait être suspect : « Cabanis est le premier écrivain français qui ait traité philosophiquement et méthodiquement des Rapports du pliysiqiie et du moral ». (Jaoet et Séailles, Histoire de la philosophie.)

LA SEOO^NDE GÉNÉRATION D'IDÉOLOGUES

L'IDÉOLOr.IE lîATIOXXELLE ET SES RELATIONS AVEC LES SCIENCES

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