‹ Les idéologuesChapitre 46 sur 94 · ANCELIN · texte numérisé non relu

ANCELIN

1769 (1\ il lit irexcellentes humanités à Caen et cliidia deux ans la philosopliie sous le plus inlivpitle des scolasliques. Puis il suivit le cours public de mathématiques de Le Cauu, médecin philosophe qui était en correspondance avec d'Alembert, et lui dut le premier développement de sa raison. Élève de l'École du génie maritime, où il eut poui- professeur Labey, plus tard professeur à lÉcole centrale du Panthéon, et traducteur (an V) de X Introduction d'Euler à l'analyse des inflnis, il y étudia les mathématiques, prit le goiU de son métier et des recherches philosophiques. Ingénieur-constructeur en 17S9, il était ingénieur en chef dès 1796. En l'an VI, il est préposé au quatrième arrondissement forestier , qui s'étendait de Dunkerque à la

Loire.

Lancelin a dit (juil ne connaissait, quand il mit la dernière main à son ouvrage, que l'Essai de Locke, la Lot/iqiie de Condillac et les Œuvres philosophifiuos et morales de Bacon (an V). Il est impossible d'accepter cette aflirmation (;2) et nous ne chercherons pas, dans son œuvre, plus d'originalité qu'elle n'en contient réellement, sans être obligé pour cela de la trouver moins intéressante et moins curieuse.

idées»; il s'nllVe à f.iire A à faire faire tmites Itsnhscrv.'itioiK fini pourriiont avoir trait aux scieuoeset aux artset demande à contiiiuoraNt'cl'IiJstitut la currespoiidaure •luil eomuieûce. Sou ouvrage est intitulé Introduction à l'analyse des sciences ou de la fjénénttion, des Fondements et des Instruments de nos connuissaiwes par l'.-F. Laueeliu, iuireuieur loostructeur de la inariue fraue.iise et meinlire de plusieurs sociétés suvantes, l'*-- partie, Paris, an IX (1801) ; lvi-442 pages. La seconde, Paris, an XI lisons xvi-318 p., porte le même titre, miis Laneeliii se dit « e\-ingénieur de la marine fr.inçaisé et niemlire de la Société dencDuragemeut pour l'industrie nationale, de la Société galvaniiiue, de la Société académifiue des sciences de Paris, de rinstitul départemental de .Nantes, etc. ». La '.i", Paris an XI (1803), 131 p. porte le même titre <]ue la seconde.

(1) Nous mettons 17G9 et non 1770 comme Damiron, parce que Lancelin dit luimême qu'il a été privé à trente-deux, ans (l'arrêté du 1er consul est du :il messidor an IX- 1801) de l'honneur de servir son pays (III, 127).

(2) Lancelin nous apprend qu'il avait traduit dix ans auparavant Ylniroduclio in analysim infinilorum d'Euler, y avait jiuisé un troilt très vif pour l'analyse L'éométrique et Tidée de son traité des langues mathématiques ,111, 40). Il s'élève contre l'hypothèse de la statue de Condillac, qu'il n'a pas trouvée dans la Logique^ cite Descartes et Bull'on, Leibuitz et Franklin, Condorcet et Cabanis, Smith et Helvétius, d'Airuesseau, qu'il appelle un grand homme, Montesquieu au(piel il reproche de s'être plutôt occupé de ce qui est que de ce qui devrait être. Voltaire qu'il place parmi les meilleurs philosophes et qu'il célèbre avec enthousiasme, Rousseau qu'il combat avec vivacité. Critiquant d'abord, comme Degéraudo, le mot idéologie, il en viendra à l'accepter, comme il prendra à son compte bien des idées de l'ami de Cabanis, comme il répétera, en combattant la l'hitosopfiie de Kant de Villers, que sa philosophie et celle de ses compatriotes n'est pas plus françaisequ'anglaise, suédoise, italienne, mais humaine. Eu outre, Lancelin qui sait le latin, nt;dien et l'anglais (I, 424;, se pose comme un continuateur de d'Alembert et de Diderot, de Lagrauge, d'Euler et de Laplace, de Condillac et de Condorcet.

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