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LES DISCIPLES DE CABANIS ET DE D. DE TRACY

les Signes et VHistoirc compan'e des systèmes, 011 il combattait la théorie de D. de Tracy. Religieux connue il l'est alors, Ampère devait éprouver une certaine répugnance pour les Rapports, et même de la défiance pour D. de Tracy. Biran, qui se défendait de « vouloir porter atteinte à rien de ce qui est respecté et vraiment respectable », Degérando, qu'il connaissait et aimait, eurent ses préférences (1). Ainsi il adopte l'opinion de Lacroix, acceptée par Biran et Dégerando, que « Locke, Bonnet, Condillac sont arrivés aux découvertes qui les ont immortalisés par la synthèse, tout en appliquant à l'étude des facultés, l'analyse « qui a révolutionné la chimie ». De chacune des facultés considérées comme élémentaires, il veut 1° donner une idée claire ; 2° chercher quelle représentation elle nous offre et ce qu'on peut conjecturer des phénomènes physiologiques qui « concourent » à la produire ; 3° comment s'associent les représentations dont se compose celle qui est complexe et ce que nous savons des causes physiologiques, des lois qui président à ces associations; 4° quel sentiment de réalité accompagne cette représentation ; 5° quels sentiments affectifs elle excite; 6» jusqu'à quel point l'exercice de la faculté est soumis à l'activité intérieure ; 7" s'il exige le déploiement de l'activité extérieure.

Avec Biran, il sépare la faculté de percevoir de celle de ressentir des affections, tout en soutenant qu'il y a très peu de sensations où s'exerce seule une de ces deux facultés. Mais il n'admet pas d'autre moi que l'ensemble de nos perceptions de toutes sortes et définit, avec Degérando, la pensée comme composée de perceptions ou d'idées. Avec Locke et avec Degérando, il appelle perceptions réfléchies celles qui donnent la faculté d'apercevoir nos opérations; avec le second, il admet des jugements sans comparaison, par lesquels nous associons des perceptions sensitives ou réfléchies. S'il reconnaît quatre facultés, percevoir, sentir, lier, vouloir, c'est comme Biran qu'il entend la seconde. Il ne veut pas, comme quelques auteurs (2), faire de l'attention une faculté particulière, et remarque, avec D. de Tracy, qu'il serait absurde de le faire en la définissant comme

(1) Rien déplus iuexact, pour connaître la philosophie frAmpcrc, tpic de rappi'ocher iudistinrtemeut. ctsaus tenir compte delà clirouologie, comme l'ont fait son lils et bien d'autres, des morceaux écrits « quand il était chrétien ardent, « et quand il était ou incrédule, ou indifTéreut.

(2) Cf. Laromig-uière, ch. viu, § 3.

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Coiulillac. Kii si^iial.iiil h. ilr Tiac\ coiimit' le |>ivinii'r (|iii a reinarqut' l'altiis. fait par ('oiulillac cl sos disciplos, du mol rf'si.-ifancr, il cxaniim' le chapilic \ ii de V h/t'a/nt/it' et esliine (]ue raiiteur nost pas l'oinonté assez hatil [unir t'\[)li(iin'r la foniialioii de nos pnMuiors jiigenicnls, mais ipie s'il a voulu, du jugement priiuitif, conelure rexisieuce d'ohjels hors de nous, il a plus approché du bid ([uaucun de ses prédécesseurs. Après 1). de ïracy, il emploie le mot id<'olo(/i(\ el ciilicpie la théorie condillacienue de Tideulité; mais c'est de Degérando qu'ils'inspire.eii développaulla théorie du principe idéologiipuules vérités ahstrailes « qui serait complète, si Degérando s'était Ixuné à considérer les rapports de (h'peudancc (|ui \iiMmi'nl ^c c^^ (pie les groupes entre les([uels ils existent sont foriiifs des uK-iues idées, combinées de manières (li(l"érent(^s, mais e(nn\alenles ». C'est donc à Degérando (i) ([u'il doit, l'ii grande partie « cette faculté d'apercevoir les rapports > à la([uelle il l'ail un(> plac(^ si grande.

Ampère cite aussi Kant et introduit, dans I examen de toute question, des considéi'atioiis |)hysiologi<iues ; mais il soidient que l'idée de l'innui n'est ■ nulltMuent conliadictoire ■> ; ([lie l'être qui pense peiitocciqier une [daco dans une pensée infinie; qu'il faut une âme pour comparer les deux plaisiis ([ue donnent « un verre de \in et un llié-orème de géométrie ".

Kn vendémiaire an Xlll. Ampère, nommé répétiteur d'analyse àl'Kcole polytechni(iiie, s'installe à Paris, toujours triste de la mort de Julie. Il se lie intimement avec Miraii, va (pielquefois dîner à Auteuil avec Tracy et Cabanis, (pi'il \oil souvent el qui lui montrent encore plus damilii' ipie les malli<''maticiens. Il néprouve qu'un plaisir, celui de disputer sur la iiM'la|)liysi(pie. Quelques-unes de ses idées ditfèrent exlrèmeiuent de celles de M. de Tracy ; c(dui-ci paraît cependant goûter ses recherches et faire plus de cas de sa métaphysi([ue (piil ne s\ atl(Mulait. Combien, dit il, est admirablt; la science de la psychologie!

Ses amis de L>oii lui envoient des prières (pi'il tâchera de répandre à Paris, i)armi ceux qui n'ont pas mis leur Dieu en oubli. Rallanche, ((iii songe à embrasser létal ecclésiasti([ue, s'inquiète {i). Ampère lui-mC'me nous avertit que sa ferveur

(1) Qui lui-inriTif suivait D. <ie Tr;i(\v et C.ibaiiis, cf. fli. m à vi.

(2) (( Ctftti; i(li;oli).i,'iL' m; IVra-t-ilh; point tort à vos seutimeuts religieux. Prenez bieu garde, mou clier et très cher ami, vous êtes sur la pente du inéripice, pour peu ([uela tète vous tounn', je ne sais pas ce qui va arriver ».

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