LES SOCIÉTÉS SAVANTES
vient exprimer par signes, son enfance quil a d'abord écrite (1).
Le Lycée des arts organise une pompe funèbre en mémoire de l'illustre et infortuné Lavoisier. Au Portique républicain, Laroche, ami d'Helvétius et traducteur d'Horace, présente un buste de ce philosophe. LÉcole et la société polymalique a des professeurs qui s'occupent, d'une manière spéciale, du perfectionnement, de la transmission des connaissances et de l'analyse de l'entendement appliqué à l'art d'apprendre et d'enseigner (2). Sicard Ut, à la Société philotechnique, un mémoire sur le mécanisme de la parole (3). La Société philomaliqiie n'admet que les mémoires qui renferment des faits, des observations ou des idées intéressantes et nouvelles (4). La Société d'encouragement pour l'industrie nationale compte, parmi ses membres, plus d'un idéologue, comme Degérando ou J.-B. Say, et ne recule pas devant l'examen des questions philosophiques.
A la Société des sciences et des arts de Douai, on porte des toasts à Bonaparte, à l'Institut de France et d'Egypte, aux philosophes qui ont illustré le xvm* siècle, à Condorcet, à Bailly, à Malesherbes, à Lavoisier et aux autres victimes du « vandahsmc » ; on propose, pour sujet de prix, un Parallèle entre le xvm« siècle et celui de Louis XIV, considérés au point de vue des sciences et des arts{o). La Société d'agriculture, sciences et arts de Chàlons étudie les moyens d'extirper la mendicité. Nancy a une Société de santé, une Société d'émulation qui compte, parmi ses membres, le fils du célèbre helléniste Schweighauser. On y étudie le livre de Job et on fait l'éloge de Gessner (6). La Société d'agriculture, sciences et arts du Bas-Rhin propose, comme sujet de prix, la question suivante : Quels sont les moyens de propager la connaissance et V usage de la langue française parmi les habitants de toutes les classes des départements de la République où la langue vulgaire est V allemand} (7). Noël, ancien commissaire-adjoint à l'instruction publique, ministre à Venise, en Hollande, tribun et futur inspecteur général de l'Université, forme à Colmar, où il est préfet, une Société d'émulation
(1) Décade philosophique, 30 thermidor an yili et 30 hrumaire an IX
(2) kl, 30 brumaire an IX.
(3) Id., 10 frimaire an X.
(4) Id., 10 floréal an X.
(5) Id., 20 ventôse an IX, 20 floréal an X.
(6) /d.,10 germinal au XII.
(7) Id., 20 messidor an XI.
dont le but principal est de répandre les lumières, de favoriser les progrès de l'industrie, d'encourager le mérite, de faire connaître les richesses, les besoins et les ressources de toutes les parties du département. Pfessel, auteur de poésies allemandes, François, professeur de mathématiques à l'École centrale, en sont vice-président et secrétaire. La Décade^ pour montrer les avantages de cette société, rappelle que son vice-président a, dès l'an IV, formé un plan de géographie industrielle qui embrassait le tableau des matières premières dont l'industrie nationale s'alimente, en y joignant le projet d'un cabinet d'histoire naturelle, où seraient conservés des échantillons de toutes les matières premières, à côté de ceux des différentes productions de l'industrie dun pays (1).
Grenoble avait un Lycée des sciences et des arts qui, en cinq ans, avait produit cent vingt mémoires, discours, dissertations ou pièces détachées. Les professeurs à l'École centrale, Gattel, Berriat Saint-Prix, Dubois-Fontanelle en font partie. A l'une de ses séances publiques assistent l'évéque de Grenoble et Petit, le célèbre médecin lyonnais, Bonnot, l'élève de Rousseau, le neveu de Condillacet de Mably. Au concours sur la question de savoir comment il convient de perfectionner l'éducation physique et morale des enfants, on envoie treize mémoires. Celui qui est couronné porte une épigraphe empruntée à Bacon et souvent reproduite à cette époque : // faut refaire V entendement (2). Marseille a son Lycée des sciences et arts; Montpellier, sa Société, où figurent Carney et Draparnaud (3) ; Toulon, sa Société libre d'émulation. L'Académie du Gard publie une traduction par Trélis d'un fragment de Platon retrouvé sous les ruines d'Agrigente, et propose en prix l'éloge de Malesherbes. La Société des sciences et des arts de Montauban couronne un mémoire qui traite du meilleur genre d'éducation propre pour les femmes à rendre les hommes heureux en société. A l'Athénée du Gers, Vidaud s'occupe de l'amitié et de son influence sur les actions et le bonheur des hommes (4). Il y a, à Bourges, une Société d'agriculture, de commerce et des arts, un Lycée d'émulation. Au moment où l'on rétablit pour Fouché le ministère de
(1) Décade, 30 floréal an IX.
(2) 30 floréal an IX, 30 fructidor an XI.
(3) Cf. ch . VII, § 3.
(4) Décade, 10 et 20 thermidor an XI.