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DEUXIÈME LETTRE

8 avril 1828

Me voilà toujours en retard avec vous; c'est votre faute. Pourquoi êtes-voussi indulgent?

J'ai reçu et lu avec un extrême plaisir la lettre que m"a remise M***. Nous avons beaucoup parlé de vous. Je me suis fait dire et redire ce que je savais déjà, que vous jouissez auprès de vos élèves et dans le public, de l'estime la mieux méritée. Votre programme et quelques observations que vous avez bien voulu me communiquer, vous ont acquis la mienne; et les nouvelles réflexions, dont vous me faites part, ne peuvent que l'augmenter. Vous êtes du très petit nombre de ceux qui sentent le besoin de comprendre, et de bien savoir ce qu'ils savent, unique moyen d'avancer dans les sciences, et de perfectionner tous les jours son esprit.

En vérité, vous me ménagez trop, et vous vous montrez beaucoup trop discret, en vous bornant à me demander des oui et des non aux questions que vous m'adressez. Cela conviendrait assez à ma paresse et à votre pénétration ; mais je n'ai pas le droit d'être si laconique ; et je pense bien que, en philosophie, l'autorité n'est rien pour un esprit Ud que le vôtre. Cependant je ne dirai pas tout, l'espace me manquerait; car vos idées et tout ce qu'elles appellent exigeraient un volume de développement.

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