DANS LE MONDE
Sur une carte de l'hémisphère boréal, les Iles Britanniques apparaissent toutes petites et comme reléguées à l'extrémité occidentale de l'Europe, « ce petit cap du continent asiatique ». Avec leurs 313 153 kilomètres carrés, elles ne représentent que la trentième partie de l'Europe. Si nous faisons abstraction de l'énorme Russie, beaucoup de pays européens les dépassent en étendue : » la France, l'Allemagne, l'Espagne^. Ceux qu'on pourrait leur comparer sont, comme elles, allongés dans la mer et tout pénétrés de rivages intérieurs: l'Italie et la Norvège ^.
Mais l'espace, considéré seul, serait une bien pauvre mesure pour leur individualité. C'est par la masse et la valeur de leurs habitants qu'elles tiennent une place éminente parmi les régions de la Terre. Par le chifïre de leur population, qui s'élève à 47 300 000 âmes, elles laissent derrière elles tous les pays que nous leur comparons, sauf l'Allemagne^; elles dépassent la France, l'Italie, l'Espagne et la Norvège*. Poussant l'analyse de ces conditions humaines jusqu'à la notion de densité, nous les voyons en tête de tous les grands pays d'Europe avec 150 habitants par kilomètre carré; sur la même unité de surface, l'Allemagne n'en groupe que 127, l'Italie 126, la France 73, l'Espagne 44, la Norvège 8. Elles nous offrent, dans l'Europe surpeuplée, le type le plus original d'un pays où le travail accumulé des générations permet à l'humanité présente de gagner sa vie.
Si nous cherchons à mieux comprendre encore les conditions d'existence de tant d'hommes groupés sur si peu de terre, nous constatons que les cadres de toute comparaison européenne éclatent; c'est sur le champ de l'univers, quel-
1. France, 550 986 km^; Allemagne, 472 000 km^; Espagne, 504 000 kna^.