‹ Les iles britanniquesChapitre 36 sur 118 · I TSO 000 I · texte numérisé non relu

I TSO 000 I

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Avoine

Pâtures

Cultures de -céréales-et récoltes verte;

Prairies

et foin r- —

FiG. 35. — Évolution de quelques cultures en Irlande. Décroissance continue de l'avoine et du blé. La reprise, due à la guerre, ne fut que momentanée.

FiG. 36. — Évolution agricole de l'Irlande.

Progression considérable des pâtures et des prairies; décadence des céréales.

relativement de grandes étendues (264 000 hectares en 1900, 284 000 en 1918, 230 000 en 1922), elle donne des rendements bien inférieurs à ceux d'Angleterre et d'Écosse; ces rendements eux-mêmes subissent de grandes fluctuations, du fait du climat; la maladie de la pomme de terre a provoqué la terrible famine de 1846. Mais, comme on ne craint plus la famine, on a commencé à fabriquer de l'alcool de pommes de terre dans les distilleries.

Les autres produits de la culture irlandaise se localisent dans les districts qui leur conviennent le mieux. Le blé occupe peu de terrain en Irlande : 13 700 hectares en 1913, 64 800 en 1918, 16 500 en 1922; le mouvement de reprise dû à la guerre n'a pas duré. Le domaine du blé se trouve sur les bonnes terres de la région orientale plus chaude et moins humide en été, surtout dans les comtés de Down, Dublin, Tipperary et Kilkenny. La récolte du blé irlandais ne représente que la trente-septième partie de la récolte britannique; aussi, plus encore que la Grande-Bretagne, l'Irlande dépend de l'étranger pour son pain. Cork, Belfast et Dublin reçoivent de grosses cargaisons de farines américaines; les minoteries des ports ne broient plus que du blé exotique.

La culture de l'orge n'intéresse guère que huit comtés irlandais; elle se confine surtout sur les terres excellentes du Wexford, du Cork (district de Cloyne)

ÉTUDES RÉGIONALES

et du Nord du Tipperary, où elle atteint des rendements nulle part égalés en Grande-Bretagne; elle occupe encore 69 000 hectares, surtout dans l'Est ensoleillé et plus sec; dans le Leinster, elle couvre 72 p. 100 des terres consacrées aux céréales, contre 23 p. 100 dans le Munster, 3 dans l'Ulster et 2 dans le Connaught, Si la culture de l'orge a moins diminué que celle du blé, elle le doit aux grandes brasseries de Dublin, de Cork, de Kilkenny et de Dundalk, qui consomment plus de la moitié de la récolte. Ces fabriques de bière contribuent, avec les grandes distilleries, à faire de Dublin une ville industrielle en ce pays rural.

La culture du lin se localise davantage encore; elle se concentre dans l'Ulster, surtout dans les comtés de Londonderry, Antrim, Down, Armagh et Tyrone; elle couvrait 52 000 hectares en 1860, 14 000 en 1913, 58 000 en 1918, 13 800 en 1922. Plante de culture intensive introduite jadis par les colons écossais, elle ne doit de survivre aux crises agricoles qu'au voisinage de l'industrie textile de Belfast.

Toutes ces ressources de la terre constituent essentiellement la fortune de l'Irlande. Aux côtés de la Grande-Bretagne industrielle et commerçante, elle conserve toute son originalité de pays pastoral et agricole. L'Irlandais est, avant tout, un paysan, un terrien.

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