L'ÉCOSSE
A l'extrémité septentrionale de la Grande-Bretagne, l'isolement et l'éloignement des terres écossaises ont favorisé la formation d'un groupement humain qui fut longtemps capable de vivre indépendant. La grande île va se rétrécissant de plus en plus vers le Nord, étranglée en deux endroits par la profonde pénétration des firths. Aux reliefs anglais qui, à l'Est et à l'Ouest du massif Pennin, permettent une circulation aisée vers le Nord ou vers le Sud, se substituent des reliefs transversaux qui imposent des obstacles aux communications suivant la longueur de l'île : ils forment comme des remparts pour les populations de l'extrémité. Dans ces régions écartées, tout comme dans la presqu'île de Galles ou dans l'île d'Irlande, il s'est constitué un foyer d'hommes assez fort et assez original pour demeurer longtemps une individualité politique et pour conserver de nos jours, au sein de l'union britannique, un tempérament personnel.
Mais l'Écosse, en tant que groupement humain, n'eût pas été viable sans les éléments de variété qui entrent dans la composition de son territoire. Elle est formée par la juxtaposition de massifs et de dépressions, de hautes terres et de basses terres qui diffèrent profondément les unes des autres par le sol, le relief et l'économie. Elle comprend trois parties qui s'orientent Nord-Est et Sud-Ouest, comme l'ancienne chaîne calédonienne : au Nord, les Highlands, hauts plateaux de roches cristallines qui s'émiettent en archipels au milieu des flots; au Sud, les Southern Uplands, autre plateau de roches anciennes, qui s'abaisse en pente douce vers l'Angleterre; au Centre, les Lowlands, dépression accidentée où s'enfoncent les longs estuaires de la Clyde, du Forth et de la Tay et qui de tout temps fut le foyer de la puissance écossaise.