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II. — LES LOWLANDS

FiG. 42. ■ — Répartition do la langue gaélique en Écosse, d'après Bosse.

1, Ligne à l'Ouest de laquelle plus de 50 p. 100 des habitants parlent ou peuvent parler le gaélique; 2, Régions où plus de 75 p. 100 des habitants parlent le gaélique; 3, Régions de langue anglaise sans mélange de gaélique; 4, Régions où plus de 75 p. 100 des habitants parlent anglais; 5, Régions où les deux éléments sont mélangés en proportion à peu près égale.

Entre les massifs anciens des Highlands et des Southern Uplands s'ouvre une dépression accidentée, qui s'oriente Sud-Ouest-Nord-Est, comme les lignes générales du relief écossais ; les côtes qui s'y rapprochent et les estuaires qui s'y enfoncent la font très étroite; elle n'occupe guère que le quart de la surface de l'Écosse. Mais ce coin de terre, les Lowlands, avec ses vallées fertiles, ses façades maritimes, ses richesses minérales, ses facilités de circulation, est depuis des siècles le foyer de la vie écossaise; les deux tiers des habitants de l'Écosse s'y pressent; il contient la seconde ville des Iles Britanniques, Glasgow, qui dépasse un million d'âmes (fig. 43).

Paysages naturels et aspects agricoles. — La dépression des Lowlands occupe une fosse d'efTondrement, hmitée de chaque côté par des failles presque

l'écosse.

rectilignes. D'épaisses assises de terrains dévoniens et carbonifères comblent les profondeurs de cette fosse gigantesque; Vieux grès rouge, grès, schistes, charbons, argiles, calcaires, roches variées, parmi lesquelles s'intercalent ou s'insinuent des masses résistantes de roches éruptives. Toute la topographie des Lowlands résulte de la juxtaposition de ces matériaux divers : il y a des dépressions et des petites plaines sur les sédiments de consistance relativement tendre; il y a des massifs, des crêtes et des escarpements sur les affleurements de roches éruptives; celles-ci ont joué un rôle prépondérant dans l'élaboration du relief. Deux lignes de hauteurs leur doivent l'existence à l'intérieur des Lowlands :

FiG. 43. — Les Lowlands d'Écosse. Esquisse du relief.

Altitudes : 1, De 0 à 500 pieds; 2, De 500 à 1 000 pieds; 3, De 1 000 à 2 000 pieds; 4, Plus de 2 000 pieds

(1 pied = 0 m. 304).

l'une au Nord, où se succèdent du Nord-Est au Sud-Ouest les Garvock hills les Sidlaw hills, les Ochill et les Campsie hills, les Kilpatrick hills et les hauteurs comprises entre Greenocket Ardrossan; l'autre, au Sud, avec les Garleton hills, les Pentland hills et les hauteurs qui s'élèvent au Sud-Ouest de la vallée de la Clyde. Entre ces deux lignes de hauteurs, on voit surgir au milieu des dépressions une multitude de collines isolées, autres pointements de roches éruptives, qui sèment la variété, l'imprévu et l'accident; tantôt ce sont des lignes d'escarpements à couronnement tabulaire comme les Bathgate hills, les Salisbury Crags ou les Lomonds of Fife; tantôt ce sont de brusques saillies rocheuses qui se dressent isolées dans le paysage, telles les curieuses hauteurs du Fife (Binn of Burntisland, hill of Beath, Tor hill) ou les trois masses voisines

ÉTUDES RÉGIONALES

du Traprain Law, duNorth Berwick Law (pl. VI, A) et de Bass Rock; tantôt ce sont ces rocs escarpés qui ont fourni un site aux fiers châteaux d'Edimbourg, de Dumbarton et de Stirling (pl. XXIV, B).

Les Lowlands n'ont en réalité rien d'une plaine; de tous côtés, l'œil s'y heurte à un relief; ils sont plutôt, comme certains districts de l'Irlande et du border gallois, un réseau de dépressions et de vallées, qui circule entre de hautes terres. Ces couloirs de plaines contiennent, au-dessous de 300 mètres d'altitude, les bonnes terres d'alluvion qui ont donné au pays sa valeur agricole. La vallée du Forth possède une réputation proverbiale de fécondité : « Un coin dans le Forth vaut, selon le dicton, un comté dans le Nord ». De tout temps les Lowlands ont fait figure de bon pays.

La physionomie agricole des Lowlands est une œuvre du travail humain. L'esprit de rénovation, issu de la civilisation industrielle de l'Angleterre, trouva des adeptes parmi les grands propriétaires du pays; dès la fin du xvii^ siècle, les communaux disparaissaient, et le régime des champs enclos (enclosures) l'emportait. Il se créa une classe de fermiers, exploitant chacun une moyenne de 60 à 80 hectares, disposant de baux très longs. Les propriétaires se mirent au service du progrès agricole, desséchant les marais, introduisant dès 1720 le trèfle et les fourrages artificiels. A côté des céréales traditionnelles, l'avoine et l'orge, on vit le blé pénétrer dans l'assolement; les documents historiques nous montrent comme un événement sensationnel l'ensemencement près d'Édimbourg, en 1727, d'un champ de blé de trois hectares. De nos jours, sous l'influence du marché universel, l'agriculture écossaise accepta très vite la déchéance des céréales et l'orientation nouvelle vers les produits du bétail.

C'est dans l'Est des Lowlands que se trouvent les terrains les plus réputés de l'Écosse pour leur fécondité : le Strathmore, les plaines du Fife et du Forfar avec les belles campagnes du Carse de Gowrie et, sur les rives méridionales du Forth, dans le pays d'Édimbourg, les Lothians. Nulle part les champs d'avoine, d'orge, de raves, de pommes de terre, de trèfle, de luzerne ne couvrent autant d'espace que dans les plaines du Forfar et du Fife; on y voit, sous ce ciel plus sec, les fermes monter sur les versants jusqu'à 380 mètres; l'engraissement des moutons nourris de turneps, la production de pommes de terre primeurs, l'élevage de vaches laitières y comptent parmi les spéculations les plus fructueuses. De Dundee à Perth, au pied des pentes des Sidlaw hills, se déroulent les terres heureuses du Carse de Gowrie, découpées en grandes pièces qu'entourent des haies et des arbres, champs de céréales, de plantes vertes et de fourrages artificiels, prairies où s'amoncellent les meules de foin, pâtures toutes peuplées de bêtes à l'engrais; autour des habitations, les vergers de pommiers, de poiriers, de pruniers, de cerisiers déploient leur bocage d'arbres touffus sous lesquels se pressent les groseillers et les framboisiers; le Carse est la ceinture dorée des bords de la Tay. Plus au Nord, depuis Stonehaven jusqu'à Perth. les mêmes apparitions plantureuses se multiplient dans le Strathmore. Mais la prééminence appartient sans doute aux Lothians, le berceau de l'économie rurale à la moderne : le blé et l'orge y dépassent tous les rendements britanniques; les cultures riches ou délicates s'y pressent, pommes de terre de Dunbar, pépinières d'arbres et d'arbustes, jardins de légumes, parterres de fleurs; l'intensité de la vie urbaine surexcite le travail de la terre; les terrains incultes sont amendés et conquis; entre Leith et Portobello, d'immenses espaces sablonneux, les landes de Crai-

l' ECOSSE. 129

gentinny, sont devenues, grâce à l'épandage des eaux d'égout d'Édimbourg, de riches prairies où paissent des vaches laitières et des bœufs de boucherie. Comme partout en Grande-Bretagne, la richesse de la terre date du jour où elle s'est mise au service de la population des grandes villes et des agglomérations ouvrières.

La vie urbaine dans les pays du Forth et de la Tay. — Les Lowlands de l'Est témoignent, par le grand nombre de leurs petites villes, l'ancienneté et la richesse des rapports régionaux qui s'y nouent. On suit, au contact des Highlands et des Lowlands, au débouché des vallées dans la plaine, une ligne de villes et de bourgs qui furent dès les temps anciens les marchés où se rencontraient montagnards et gens de la plaine : Criefî, Dunkeld, Blairgowrie, Stonehaven. Une série d'autres villes, centres agricoles, se répartissent dans les straths et les dépressions fertiles : Forfar, Kinross, Falkland, Clackmannan, St. Andrews. Mais deux villes, Stirling et Perth, doivent à leur position géographique une fortune plus brillante; elles occupent chacune le point où leur rivière, ayant traversé en défilé les hauteurs des Sidlaw et des Ochill, commence à sentir la marée et porte son dernier pont; l'une et l'autre gardent une route historique vers les Highlands. Stirling (18 500 hab.) s'établit sur une terrasse de la rive droite du Forth, dominée par un roc volcanique qui reçut le vieux château fort; son rôle de tête de pont survit maintenant dans le rôle de sa gare comme croisement de voies ferrées (pl. XXIV, B). Perth (33 000 hab.), bâtie sur une terrasse de la Tay, occupe un autre passage; station romaine, puis résidence des rois écossais, port animé au moyen âge, elle serait sans doute aujourd'hui une modeste cité sans ses usines de lin et de jute.

Mais c'est au contact de la mer et surtout le long de l'estuaire du Forth que se pressent les villes. On peut dire que le firth of Forth est bordé de bassins houillers. Sur sa rive méridionale, c'est le bassin du Midlothian et du Haddington, où quarante-six veines donnent une épaisseur totale de près de 40 mètres de charbon. Interrompu par l'estuaire, l'affleurement houiller reparaît sur la rive septentrionale dans le bassin du Fife. Vers l'Ouest, au fond de l'estuaire et sur sa rive Xord, c'est le bassin du Clackmannan, qui se raccorde par-dessous les eaux du fleuve avec le grand bassin du Lanark. On rencontre la houille partout, sur la surface du sol et sur le lit de l'estuaire; en face de Bo'ness, la petite île de Preston contient un puits de mine; à Bridgeness, au-dessous d'un épais dépôt d'argile qui forme le fond imperméable du Forth, on extrait le charbon à 135-170 mètres au-dessous des eaux. L'exploitation de la houille y commença dès le xiii^ siècle. L'abondance du combustible détermina dès 1760 la création, sur les bords du Carron, non loin de Falkirk, d'une grande usine métallurgique, The Carron Ironworks. La métallurgie ayant émigré dans la région de Glasgow, il reste sur le Forth de grandes quantités de houille disponibles pour l'exportation; aussi tous les ports du Forth sont maintenant des ports charbonniers : Leith, Burntisland, Methil, Alloa, Bridgeness, Bo'ness, Grangemouth; chaque année,

: ils expédient huit à neuf millions de tonnes de houille. C'est un groupe de villes en pleine croissance : de 1850 à nos jours, Grangemouth passait de 2 000 à 10 000 habitants, Bo'ness, de 1 800 à 15 000. C'est aussi sur les bords méridio-

j naux de l'estuaire du Forth, dans le Midlothian et surtout le Linlithgow, qu'on exploite le seul grand bassin d'huile minérale de Grande-Bretagne. La distil-

1 Géographie universelle. — Il<5 BriUnniques. 17

130 ÉTUDES RÉGIONALES

lation des schistes houillers atteignait en 1920 une production de 2 800 000 tonnes, destinée essentiellement à l'éclairage. Les deux petits comtés qui possèdent les puits et les usines ont vu leur population quadrupler depuis le début du xix^ siècle.

Une autre industrie qui a son foyer le long de l'estuaire de la Tay dans les comtés de Forfar et de Fife, continue la tradition d'une industrie ancienne : c'est le travail du lin et du jute, le tissage des grosses toiles. Les représentants de ce groupe textile s'échelonnent sur la côte depuis la Dee jusqu'au Forth. Sur le Forth, Dunfermline (42 OOOhab.) tisse des toiles fines, du linge damassé; Kirkcaldy (40 000 hab.) fabrique des toiles cirées, du linoléum. Les blanchisseries de Perth travaillent pour le même groupe. Plus au Nord, Arbroath et Montrose ouvrent les grosses toiles. Mais la capitale du lin et du jute est Dundee. Dundee s'allonge sur la rive septentrionale de l'estuaire de la Tay; elle fut longtemps avant tout un port de pêche, armant pour la pêche à la baleine et construisant des navires; il ne possède plus que quelques baleiniers; ses chalutiers vont encore exploiter les parages de Bell Rock. Mais l'industrie textile a supplanté toutes les autres; elle concentre dans la ville et ses environs immédiats pour ainsi dire toute la manufacture de lin, de chanvre et de jute de Grande-Bretagne; on y fabrique des grosses toiles, des toiles à sacs, des toiles à voiles, des tapis; les usines y occupent 35 000 ouvriers. Jusque vers 1880, Dundee ne connut aucune concurrence; mais elle a maintenant des rivaux, comme Calcutta, qui battent en brèche son monopole; aussi s'oriente-t-elle chaque jour davantage vers la filature pour cordes et câbles et vers la production des filés exportés pour le tissage. Malgré tout, c'est le travail des fibres qui demeure le principe de l'activité delà ville et de son port; les matières textiles représentent plus des quatre cinquièmes de la valeur des marchandises importées; à l'exportation, les produits textiles accaparent la même proportion; l'arrivée du jute se concentrant sur cinq mois, il a fallu à plusieurs reprises agrandir le port. La proximité des vergers du Carse de Gowrie a fait naître à Dundee l'industrie des conserves alimentaires; elle a pris de colossales dimensions passant de la fabrication des confitures avec les fruits locaux à la confection de la marmelade d'oranges; aussi le sucre figure parmi les grosses importations de Dundee. Les commodités d'un port bien outillé ont attiré d'autres industries : ateliers de construction mécanique fabriquant les machines pour les usines à jute du monde entier, chantiers de construction navale, scieries, papeteries. Grande ville industrielle. Dundee a vu, selon la loi générale, sa population s'accroître énormément : 21 000 habitants en 1801, 61 000 en 1851, 171 000 en 1925.

Édimbourg. — C'est pour des raisons géographiques que la capitale de l'Ecosse se fonda non loin du Forth. Les fertiles plaines qui longent les firths offrent un passage naturel entre le Nord et le Sud du pays, une route ouverte aux commerçants et aux armées. Au cours de l'histoire, nous voyons des capitales successives, Perth, Stirling, Dunfermline, Édimbourg, s'établir sur cette ligne de communications. Les créations du génie moderne ont encore renforcé sa valeur. Au resserrement du Forth, à Queensferry, fut lancé en 1890 le pont du Forth, où passe la voie ferrée d'Edimbourg à Perth et à Dundee, évitant le détour de Stirling; plus au Nord, un autre grand viaduc, long de 3 171 mètres, franchit la Tay à Broughty Ferry, raccourcissant encore la distance qui sépare Édimbourg de l'Écosse septentrionale (pl. LV, A).

Phot. Valentine.

A. CABANES DE PÊCHEURS A BAliliA (hÉBIIIDEs).

Un chenal [soiind) aux eaux abritées; une terre pelée, sans arbres; des cabanes en pierres sèches couvertes de roseaux.

Pliot. Valentine-

B. STOnXOWAY (HEBniDES).

Le port de pèche. Terre basse, toute pénétrée par des bras de mer.

G. ! .. t. I, Pl.. XXVI.

l'écosse.

C'est sur cette grande route historique, à l'endroit où la bande des plaines se resserre entre les collines de Pentland et les rives basses du firth of Forth, que se dresse le site magnifique d'Édimbourg. Ce site urbain occupe plusieurs des rocs volcaniques qui pointent au milieu de la plaine : les premiers occupés, Castle Rock et Calton hill; puis ceux que la marée des maisons de la ville actuelle entoure peu à peu : Arthur's Seat à l'Est, Corstorphine hill et Blackford hill, à l'Ouest et au Sud. C'est le moins élevé et le moins étendu, mais non pas le

FiG. 44. — Édimbourg et ses environs.

(Les altitudes sont indiquées en pieds.)

moins facile à défendre de tous ces rochers, le Castle Rock, qui fut le berceau de la ville, l'acropole qui, comme à Athènes, fixa la forteresse primitive. Plusieurs fois prise et reprise par les Anglais et les Écossais, elle reste définitivement entre les mains des Écossais en 1341; et c'est au milieu du xv^ siècle qu'elle remplace Perth comme capitale de l'Ecosse.

Sur l'escarpement occidental de Castle Rock se dressa le château; à l'extrémité orientale de la colline, se fonda dès 1218, sous les auspices de David P"", l'abbaye de Holyrood et, plus tard, à côté d'elle, le palais royal. Entre le château

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et l'abbaye, la ville se développa le long de la rue de liaison, appelée encore aujourd'hui High Street et Canongate; les maisons s'y entassent à l'intérieur de l'enceinte; à mesure que la cité se peuple, elle ne peut s'accroître en étendue; elle croît en hauteur; ces caractères se retrouvent encore maintenant dans les quartiers du vieil Édimbourg, avec leurs hautes maisons pressées, leurs impasses étroites, leurs passages tortueux et tout ce désordre pittoresque et sale dont l'hygiène moderne aura bientôt raison. Jusqu'à la fin du xviii® siècle, la ville s'agrandit vers le Sud, couvrant peu à peu toutes les pentes de Castle Rock et débordant même sur les terrains plats voisins du pied de la butte. C'est dans cet Édimbourg, tel qu'il était encore à la fin du xviii^ siècle, que se trouvent les monuments historiques et les édifices officiels de la capitale : le Château, le Parlement, le Palais de Justice, la cathédrale Saint-Gilles, l'Université, les musées (fig. 45).

A cette époque de développement économique et d'enrichissement, des quartiers neufs, bâtis sur un plan méthodique et formant comme une seconde ville, s'élevèrent au Nord de la vieille ville, sur une coUine parallèle à Castle Rock, au delà d'un ravin : ville de style classique, régulière, spacieuse avec des rues rectilignes et de grands squares. L'artère de cette ville moderne, la plus animée de toute la cité, est Prince's street, large rue bordée d'hôtels, de clubs et de magasins luxueux. Elle domine les bas-fonds au delà desquels on distingue la silhouette pittoresque de la vieille forteresse; de beaux jardins emplissent de verdure le vallon; à chacune de ses extrémités, débouche une voie ferrée et se dresse une gare monumentale, Waverley station et Caledonian station; d'une butte à l'autre, de la nouvelle à la vieille ville, on franchit le ravin par deux ponts et par une chaussée, the Mound. Le relief accidenté, les jardins et les arbres, la majesté des monuments, les perspectives lointaines et pittoresques donnent à ces quartiers du centre d'Edimbourg un charme original, nulle part ailleurs ressenti en Grande-Bretagne (pl. XXV).

Ville ancienne et ville du xviii^ siècle, tout se trouve maintenant englobé dans les agrandissements du xix^ siècle, qui ont fait d'Édimbourg une agglomération urbaine de type moderne, s'étalant de tous côtés; de 38000 habitants en 1801, elle monte à 194 000 en 1851 et à 427 000 en 1925 (y compris Leith). Tout autour d'elle, les petites villes et les villages sont devenus ses faubourgs; elle a ses stations d'été et ses plages à Musselburgh, à Portobello, àNewhaven, à Granton; elle a son port à Leith (fig. 44).

Située à 3 km. 5 d'Édimbourg, Leith n'est en réalité, et depuis le moyen âge, qu'une annexe maritime et industrielle de la capitale; elle a vu son port grandir à mesure que se développait la grande ville; sa fonction se reflète fidèlement dans son trafic; elle importe les objets de consommation nécessaires à une grande agglomération : céréales, farines, beurre, fromage, œufs, sucre; elle exporte beaucoup moins. Sans les produits de la région de Glasgow, machines et tissus, qui transitent par Leith pour gagner l'Europe, le port en serait réduit à l'exportation de la houille, des huiles minérales et du sulfate d'ammoniaque de son arrière-pays. Auprès du port, la fonction commerciale a groupé quelques usines : raffineries, corderies, toileries, savonneries, distilleries, minoteries, presque toutes travaillant pour les besoins régionaux.

Édimbourg, qui n'est pas une ville maritime, n'est pas davantage une métropole industrielle; parmi les grandes villes britanniques, elle apparaît

l'écosse.

avec une figure originale. Dans cette Grande-Bretagne qui ne connaît pas de centralisation comparable à celle de la France, tous les tempéraments nationaux ne se sont pas fondus en un même amalgame; Édimbourg demeure essentiellement une capitale écossaise. Elle n'a guère de grandes industries que celles qui procèdent de cette fonction; ville de l'esprit, ville de la science, ville du droit, ses occupations les plus personnelles sont l'imprimerie et la librairie avec les métiers et les fabriques qui vivent d'elles : papeterie, manufacture d'encres.

FiG. 45. — La ville d'Édimbourg et ses accroissements successifs. 1, Le vieil Édimbourg jusqu'en 1750; 2, Le nouvel Édimbourg, 1750-1840; 3, L'Édimbourg moderne, depuis 1840.

Chisholm a montré comment la présence des tribunaux et cours de justice fit prospérer l'imprimerie à Édimbourg : pendant les sessions, il fallait accomplir beaucoup de besogne en peu de temps; pendant les vacances, afin d'employer leur personnel, les imprimeries purent travailler à bas prix pour les éditeurs écossais et anglais. Aussi beaucoup de livres sortent d'Édimbourg; comme ville d'édition, elle n'a de rivale que Londres. Elle possède une grande université, célèbre par ses études médicales, riche d'une belle bibliothèque, ainsi que des sociétés savantes dont le rayonnement est universel : Royal Society of

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Edinburgh, Royal Scottish Geographical Society. Les recherches et les travaux géographiques y reposent sur un terrain préparé par de grands savants : Murray pour l'océanographie et la limnologie, les Geikie pour la géologie, Bartholomew pour la cartographie. Il y a de grandes fortunes dans cette vieille ville, des capitaux puissants; comme place financière, elle l'emporte sur Glasgow par le nombre et l'ampleur de ses établissements de banque et d'assurances. Edimbourg se hausse très loin au-dessus du rôle de chef-lieu provincial et de centre régional; elle est vraiment une métropole, une capitale par tout son passé historique et par sa capacité de rayonnement.

L'Ouest des Lowlands. Glasgow. — Il s'est développé dans l'Ouest des Lowlands, autour de Glasgow, un foyer de relations universelles, un immense atelier industriel, une fourmilière d'hommes. Et cependant cette intensité de vie ne remonte pas à un lointain passé; les conditions géographiques lui furent d'abord hostiles. Le climat humide et nébuleux rend difficile et incertaine la culture des grains. Avant les travaux de la fin du xviii^ siècle, la Clyde n'était qu'une petite rivière, d'accès malaisé; le pays, écarté de la mer du Nord, ne trouvait en face de lui que les solitudes des lochs et des sounds; dans ce milieu pauvre et fermé, Glasgow ne joua longtemps qu'un rôle modeste : siège d'un évêché dont l'autorité ne s'étendait que sur de pauvres montagnes; marché d'approvisionnement pour le monde insulaire dispersé dans la mer brumeuse, Glasgow n'avait encore que 4 500 habitants en 1556 et 14 000 en 1661.

L'essor de Glasgow date des relations commerciales qu'elle put nouer avec les colonies anglaises à partir du jour où l'Écosse s'unit politiquement avec l'Angleterre (1707). La ville eut dès lors ses propres armateurs et ses propres négociants pour les colonies; dès 1760 son commerce de tabac dépassait celui de Bristol; en 1775, elle importait plus de la moitié du tabac consommé en Europe; elle était devenue le grand entrepôt européen de cette riche marchandise. La ville se transformait profondément; des abords de la cathédrale, où se groupaient les rues aux vieux noms de saints et de métiers, elle s'étendait vers le port où le commerce du tabac, du sucre, du rhum et du coton donnait leur nom à des rues nouvelles : Jamaïca street, India street, Havana street. Des fortunes colossales se fondaient et, avec elles, les moyens de créer sur la Clyde un grand port moderne (pl. XXVII, B).

Même au milieu du xviii^ siècle, alors qu'elle s'élevait au rang de grand entrepôt colonial, Glasgow n'était pas un grand port; beaucoup de bateaux ne pouvaient par la Clyde remonter jusqu'à Glasgow; le trafic maritime presque tout entier s'arrêtait à 29 kilomètres en aval de la ville, à Port-Glasgow, avantport aménagé depuis la fin du xviii^ siècle; de là, les marchandises arrivaient à Glasgow par terre. Pour le salut même du grand commerce, il fallait ouvrir aux navires la route d'eau jusqu'à Glasgow. A marée haute, la Clyde n'était alors qu'un large bras d'eau s'étalant sur des rives marécageuses; à marée basse, une petite rivière, encombrée de seuils, où la profondeur s'abaissait en un point jusqu'à 38 centimètres et qu'on pouvait traverser à gué à 35 kilomètres en aval de la ville. C'est le grand ingénieur Golborne qui fit adopter en 1773 le projet d'amélioration de la Clyde, consistant à diminuer la largeur du lit par des digues longitudinales, à obliger la rivière à nettoyer elle-même son lit et à accroître la profondeur par des dragages. Cette œuvre colossale, commencée avec des dragues

l'écosse.

primitives et poursuivie sans relâche depuis plus d'un siècle avec des moyens de plus en plus perfectionnés, a fait de la Clyde entre Glasgow et Port-Glasgow, un canal artificiel, presque autant que le canal de Suez; le tirant d'eau maximum fut porté de 3 m. 95 en 1821, à 5 m. 47 en 1851, 7 mètres en 1891, 8 m. 05 en 1900;, actuellement le chenal a 7 m. 60 de profondeur à basse-mer, et 10 m. 65 à marée haute; les gros navires, qui récemment encore avaient besoin de deux marées pour passer, peuvent maintenant quitter Glasgow deux heures avant la haute marée avec 9 m. 15 d'eau et atteindre Greenock en une marée, de nuit et de jour,, car la rivière est éclairée. Accessible aux gros bateaux du trafic océanique, le port de Glasgow s'étend le long de la rivière, sur plus de 4 kilomètres. Jusqu'en 1867, c'est la Clyde seule, bordée de quais et de wharfs, qui forma ce port; mais le grand nombre des chantiers de construction navale ne laissant que peu de place disponible le long des rives, on se décida à construire des bassins, communiquant librement avec le fleuve et accroissant les espaces d'eau ouverts aux opérations du trafic : Kingston dock (1867), Queen's dock (1880), Prince's dock (1890), Rothesay dock (1907). C'est ce port, merveilleux engin de commerce construit avec les capitaux du commerce, qui a permis à la région de Glasgow de mettre à profit toutes ses chances de développement industriel (fig. 41).

La région de Glasgow possède dans son sol, dans ses ressources en charbon, l'élément décisif de la fortune industrielle. Depuis la côte d'Ayr jusqu'au firth of Forth, sur une largeur variant de 32 à 48 kilomètres, la Basse-Écosse montre l'affleurement de plusieurs bassins houillers. Deux des plus importants appartiennent à l'Ouest : le bassin de l'Ayr, qui longe la côte du firth of Clyde depuis Ardrossan jusqu'à l'embouchure du Doon; le bassin du Lanark, qui s'étend des bords de la Clyde jusqu'au Forth; ils produisent ensemble les deux tiers des 30 ou 35 millions de tonnes de houille extraites en Ecosse. Les dépôts houillers de l'Ouest écossais présentent cette particularité remarquable que des lits deminerai de fer se trouvent intercalés parmi les couches de charbon; cette union sur place du minerai et du combustible a déterminé la concentration de tous les hauts fourneaux d'Écosse dans la région de Glasgow; et même maintenant que ces minerais s'épuisent, la grande industrie, née d'eux, continue à vivre avec des minerais importés; elle ne suffit même pas à consommer toute la houille extraite; l'excédent s'exporte par Glasgow, Ardrossan, Irvine, Troon et Ayr.

Sur les bassins houillers de la Clyde, auprès du grand port de Glasgow, s'est développée une énorme agglomération d'industries. Elle présente vis-à-vis des autres régions industrielles de Grande-Bretagne cette originalité de n'être pas spécialisée et de réunir en une vaste association tous les types de travail industriel : la métallurgie comme à Birminghan, les constructions navales comme à Newcastle et à Belfast, la manufacture du coton comme à Manchester, la fabrication des produits chimiques comme à Liverpool.

Tout prépara l'essor de la métallurgie : la découverte en 1801 par R. Mushet de l'excellent minerai de fer blackband fondant sans castine; la présence du splint coal, variété de houille qu'on peut employer telle quelle à la fonte du minerai; l'invention en 1828 par Neilson d'un soufflet à air chaud réalisant une grosse économie de combustible; les premières appUcations de la machine à vapeur, réussies à Glasgow par Watt lui-même. Les hauts fourneaux viennent jusque dans les faubourgs de Glasgow; ils se groupent surtout à l'Est, dans la vallée de la Calder, à Motherwell, à Wishaw, à Newmains, à Shotts, à Coatbridge, et le long

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de la Clyde, à Hamilton; leur approvisionnement de minerai ne vient plus guère d'Écosse; ils la tirent surtout d'Espagne. La fonte s'exporte en partie vers d'autres centres sidérurgiques de Grande-Bretagne et à l'étranger jusqu'en Extrême- Orient. Mais la plus grande partie reste dans le pays, se transforme en acier et alimente l'industrie écossaise; car toutes les branches de la manufacture du fer sont représentées à Glasgow et dans son rayon : la construction des locomotives, qui occupe plus de 8 000 ouvriers à Springburn, Cowlairs et Polmadie; les ateliers de constructions métalliques, chaudières, charpentes, ponts, hangars; la fabrication des tubes et tuyaux, des appareils pour sucreries ; celle des automobiles à Paisley, Scotstown et Bridgeton, des machines à coudre à Kilbowie, des machines-outils à Johnstone et Paisley, des pompes, des grues et des engrenages à Greenock et Paisley. Aupiès de ces usines travaillent d'autres usines qui traitent d'autres matières lourdes et consomment beaucoup de charbon : verreries, produits céramiques, engrais chimiques, produits chimiques.

Attirée sur les bords de la Clyde par le bon marché de la houille et du fer, l'industrie des constructions navales y a conquis une réputation universelle; sa prééminence date de l'emploi du fer dans la construction des navires; les chantiers de la Tamise et de la Mersey durent céder le pas aux chantiers de la Clyde. Ceux-ci s'échelonnent le long de la rivière depuis Glasgow jusqu'à Greenock : sur la rive droite, à Partick, Clydebank, Dalmuir, Kilpatrick, Bowling, Dumbarton; sur la rive gauche à Govan, Port-Glasgow, Greenock. La descente de la rivière en bateau s'accomplit entre deux rangées d'établissements, pleins de bruit et de fumée, entre des échafaudages gigantesques, des carcasses de fer ou des masses métalliques prêtes à se lancer dans l'eau. La spécialisation régne dans le travail des chantiers, et le travail s'accomplit le plus souvent en série; les uns construisent des cargos, d'autres des liners, d'autres des bateaux de guerre, d'autres des voiliers, d'autres des machines ou des dragues. Les chantiers de la Clyde mettaient à l'eau, en 1871, 50 p. 100 du tonnage lancé dans le Royaume- Uni; cette proportion n'était plus que de 28 p. 100 en 1923. Mais leur production annuelle passait de 242 000 tonnes pour 1873-1882 à 423 000 tonnes pour 1893- 1902 et 504 000 tonnes pour 1903-1912, 532 000 pour 1913-1923 et 175 500 pour 1923. Ils travaillent surtout pour la marine britannique, mais la clientèle étrangère leur prend le quart ou le cinquième de leur production (pl. LIV, C).

Les campagnes écossaises fourmillaient au xvii^ et au xviii^ siècle de tisseurs à domicile. Dans ce milieu d'expérience traditionnelle et d'habileté technique, le coton s'implanta dès la fin du xviii^ siècle; il occupe actuellement plus de 50 000 ouvriers dans le Lanark, l'Ayr et le Renfrew. Paisley, la grande cité cotonnière, est le centre de fabrication des fils à coudre, le plus puissant du monde. A Kilmarnock et dans le voisinage, se sont établies des manufactures de rideaux et de guipures; près de Dumbarton, de grandes teintureries. La soie elle-même, le fin textile, a trouvé sa place dans le comté de Lanark, ■et elle y fait vivre prés de 3 000 ouvriers.

Tant que Glasgow ne fut pas un grand port, le port d'un énorme centre manufacturier, la ville occupa les hauteurs de la rive droite de la Clyde, tertres arrondis d'argile glaciaire ou drumlins, qui dominaient les vallons et les dépressions de la plaine. Cet emplacement ne forme plus aujourd'hui que les quartiers Kord-Est de la cité; là se dresse sur une butte isolée la vieille cathédrale : de là, Ja ville s'agrandit vers l'Ouest, vers la rivière, sur les deux rives. Elle n'avait

l'écosse.

encore que 13 000 habitants en 1707; elle monte à 43 000 en 1780, 77 000 en 1801, 345 000 en 1851, 761 000 en 1901, 1 057 000 en 1925, devenant ainsi la seconde cité de l'Empire britannique. Dans cette croissance vertigineuse, la ville a recouvert tous les espaces libres à proximité du fleuve; plus populeuse que Liverpool,elle occupe une surface cinq fois moindre. Aussi, dans le cœur de la cité, beaucoup d'hommes encore s'entassent en des taudis; en 1866, plus de 50 000 habitants se pressaient sur 37 hectares; mais de grands travaux ont ouvert des rues nouvelles, aéré les vieux quartiers, construit des maisons neuves : les sordides rookeries disparaissent peu à peu. Vers le Sud, sur la rive gauche de la Clyde, de vastes quartiers forment comme un « Southwark » à la grande ville. Mais c'est

FiG. 46. — Glasgow et la Clyde.

1, Glasgow en 177S; 2, Glasgow en 1821 ; 3, Extension actuelle de la ville.

à l'Ouest qu'elle a le plus gagné, surtout depuis 1870 : ce West End contient les beaux quartiers de résidence et les grands parcs de Kelvin Grove et du Jardin Botanique; là s'élèvent aussi les bâtiments de l'Université, construits de 1866 à 1870 (fig. 46).

Cette puissante cité rayonne sur toute sa région; par leurs exemples ou par leurs entreprises, ses hommes d'affaires, ses commerçants, ses industriels ont propagé autour d'elle les mêmes formes de travail. Glasgow a des filiales, des dépendances, des satellites qui s'associent plus ou moins à sa vie et à son mouvement en une large nébuleuse. Vers l'Est, c'est la constellation des villes de la Black Country, des villes du fer et de la houille : Airdrie (23 000 hab.), Coatbridge (45 000 hab. ; 740 en 1831), Vv^ishaw (25 000 hab.), Hamilton (39 500 hab.), Motherwell (72 000 hab.), et tout un essaim de jeunes cités nées pendant la seconde moitié du xixe siècle, Bellshill, Uddingston, Mossend, Holytown,

Géographie universelle. — Hes Britanniques 18

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Newarthill, Larkhall. Vers le Sud-Ouest, Paisley passait de 17 000 habitants en 1801 à 87 000 en 1925; Kilmarnock, de 8 000 à 36 000; Ayr, de 5000 à 37000; d'autres petits centres industriels se fondaient à Muirkirk, Dalry, Dalmellington, Ardrossan. Vers le Nord-Est, l'influence de Glasgow s'avance jusqu'au Forth : on a pu dire de Grangemouth qu'il est le port de Glasgow sur le Forth. Vers l'aval de la Clyde, se succèdent les annexes et les collaboratrices de la métropole : Renfrew (10 000 hab.), l'antique chef-lieu du comté; puis les villes des chantiers navals, Clydebank (48 000 hab.), Govan, Kilpatrick, Port-Glasgow, Dumbarton, et enfin Greenock dont les destinées se lient depuis longtemps à celles de Glasgow. Greenock n'était qu'un village en 1716; il avait 17 000 habitants en 1801, 83000 en 1925; avant les travaux du port de Glasgow, il joua le rôle d'un avant-port où débarquaient les denrées coloniales; il garde de ce passé d'importantes raffineries de sucre; par ses chantiers de construction, il participe à la grande industrie de la Clyde. D'autres villes plus éloignées subissent l'influence de Glasgow : ce sont des stations balnéaires comme Helensburgh, Rothesay, Dunoon; ce sont aussi tous les petits ports des firths et des sounds, tous les villages de la montagne, qui reçoivent en été l'afflux des citadins, toutes les campagnes, comme celles de Girvan, qui sont devenues les jardins maraîchers de l'agglomération urbaine. Comme phénomène démographique, cette agglomération compte parmi les plus curieuses et les plus typiques que la civilisation industrielle ait engendrées. La population du comté de Lanark passait de 100 000 habitants en 1750 à 600 000 en 1850, à 1 340 000 en 1901 et à 1 595 000 en 1925 : c'est une densité de 654 habitants par kilomètre carré

///. — LES SOUTHERN UPLANDS

Le troisième fragment de l'Écosse, une zone de hautes terres, s'élève entre les plaines des Lowlands et le long bras de mer du firth de Solway. A cette zone de massifs, qui s'oriente Nord-Est-Sud-Ouest comme les autres fragments de l'Écosse, on applique, surtout dans la nomenclature savante, l'appellation de Southern Uplands. Sur ses confins méridionaux, les limites de l'Écosse et de l'Angleterre ont, au cours de l'histoire, souvent oscillé; elles se fixèrent un temps à la grande dépression de la Tyne et de l'Eden; mais la poussée anglaise les refoula vers le Nord, jusqu'à la ligne présente, de tracé artificiel.

Les paysages. — Des schistes anciens, d'âge silurien, très plissés, forment le soubassement général du pays : ils donnent de larges plateaux couverts de landes herbeuses, de bruyères ou de tourbe et ne dépassant guère l'altitude de 600 mètres; dans ces hauts plateaux ou moors s'enfoncent de larges vallées ou dales. L'observation des lignes et des formes du relief permet d'établir une distinction entre l'Ouest et l'Est, plus marquée encore que celle qu'on perçoit entre l'Ouest et l'Est des Highlands.

Dans l'Ouest, la plupart des rivières, transversales aux lignes de l'architecture calédonienne, coulent du Nord-Ouest au Sud-Est, telles l'Annan, la Nith, la Dee et la Crée, selon la pente générale du plateau, qui s'incline vers le firth de Solway. Elles occupent des dépressions ouvertes sur des roches tendres que des effondrements ont conservées en paquets dans la masse des roches anciennes. L'Annandale coïncide à partir de Mofîat avec un affleurement de

l'Iiiil. ( (iiiim. par M. R. N. Jackson.

A. LE LOCH LOMOND (bASSE-ÉCOSSE OCCIDENTALE).

Au fond, à droite, le Ben Lomond (1070 m.). K droite, au-dessus de l'eau, îlots rocheux aux formes moutonnées.

Phot. D. M. Kilshill.

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