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LE CUMBERLAND

En ce pays de montagne, la vie urbaine s'établit très anciennement au miUeu des plaines qui bordent le Solway firth, sur la grande voie naturelle qui, par les vallées de l'Eden et de la Nith, mène d'Angleterre en Ecosse. Là se fonda Carlisle, d'abord forteresse celtique, puis station romaine; son évêché, sa cathédrale, son titre de chef-heu de comté évoquent un long passé historique. De sa position stratégique, elle a hérité le rôle d'une grande gare où se croisent les voies ferrées se dirigeant vers Glasgow, Édimbourg, Newcastle, Lancaster, Manchester, Liverpool et Belfast; elle renferme 52 600 habitants, et elle possède même des usines, des ateliers d'impression d'étoffes et des constructions mécaniques. Mais elle est la seule grande ville du pays; autour du massif du Cumberland, on ne trouve que de petits centres établis au débouché des vallées montagnardes, comme Penrith, Ulverston, Kendal avec ses tissages de laine et Keswick avec ses fabriques de crayons.

De nos jours, c'est sur la côte, auprès de la houille et du fer, que se groupent les villes actives. L'extraction et l'exploitation du charbon font vivre les trois ports de Workington, de Maryport et de Whitehaven : la plus grande partie se dirige vers l'Irlande. La présence du minerai de fer près d'Égremont, de Millom et de Barrow apporte une autre richesse à cette zone littorale. C'est une hématite excellente, de haute teneur et non phosphoreuse, très recherchée pour la fabrication des aciers fins par Glasgow, Sheffield, Birminghan et Middlesbrough. Traitée sur place, elle a donné naissance à plusieurs groupes d'usines métallurgiques. Mais ni la houille, ni le minerai de la région ne leur suffisent; elles dépendent maintenant, en partie, du Durham pour leur coke et de l'Espagne pour leur minerai. Les hauts fourneaux de Workington et de Whitehaven ne pourraient pas fonctionner sans les matières premières qui leur arrivent par mer. Les mêmes conditions dominent la production du plus grand centre métallurgique de la contrée, de Barrow in Furness, fondé à l'extrémité méridionale de la péninsule de Furness, entre le Duddon et le Leven, auprès de riches mines de fer dont l'exploitation ne commença qu'au milieu du xix^ siècle. Sa croissance fut vertigineuse; simple village en 1846, il atteignait 40000 habitants en 1846, 75000 en 1920. A côté des hauts fourneaux et des aciéries, des chantiers de construction navale se sont développés sur les rives du détroit qui sépare la côte du Furness de la longue et étroite île de Walney; auprès de ces eaux tranquilles, le long de leurs criques et sur leurs îlots bas, les installations industrielles ont trouvé des terrains vastes et commodes; plus de 10000 ouvriers y construisent des cargos,

L'ANGLETERRE DU NORD

des navires de guerre, des yachts, des dragues et des pontons métalliques : nous sommes dans le domaine de la puissante compagnie Vickers Sons, Maxim and Co.

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