VIII. — L'ILE DE MAN
Au milieu de la mer d'Irlande, à égale distance de l'Ulster et du Cumberland, se trouve l'île de Man, longue de 48 kilomètres, large de 13 à 19; avec sa superficie de 590 kilomètres carrés, elle est plus grande que l'île de Wight, plus petite qu'Anglesey; elle contiendrait plus de six fois l'île française de Belle- Ile-en-Mer. Géographiquement, elle appartient à la Grande Bretagne; des profondeurs de 130 mètres l'isolent de l'Irlande. Plus rapprochée de l'Écosse (28 km.) que du Cumberland (50 km.), c'est avec celui-ci qu'elle a ses affinités; des fonds de mer d'une trentaine de mètres l'y relient, et elle possède dans le sous-sol de sa plaine
L'ANGLETERRE DU NORD
septentrionale des roches triasiques qui témoignent, pour la constitution géologique, de ressemblances avec les bords du Solway firth.
L'île est bâtie en schistes cambriens, très durs, que les géologues rapprochent des schistes du Skiddaw, dans le Lake District. Cette masse résistante, toute pénétrée de dykes éruptifs et d'intrusions granitiques, donne un relief analogue aux reliefs des massifs du Cumberland et de l' Ecosse : de hautes terres s'élevant jusqu'à 680 mètres dans le Snaefell; des vallées profondes et pittoresques ou glens entaillées dans ces hautes terres; des lignes de falaises majestueuses déchirées par des ravins et des précipices avec de petites baies rocheuses aux eaux transparentes; sur les sommets, des surfaces réguUères, doucement ondulées, couvertes de bruyères et d'ajoncs nains et parfois de tourbe. Par cette topographie l'île se rattache au continent britannique dont elle est un fragment isolé. La ressemblance des paysages se complète par les souvenirs communs de l'époque glaciaire : dépôts de drift et formes morainiques dans la plaine du Nord, plages soulevées autour de la pointe d'Ayre.
Man possède des traits qui lui sont propres. Elle ne se compose pas uniquement de hautes terres : toute sa partie septentrionale n'est qu'une plaine basse et plate (120 km-), à peine mamelonnée par quelques tertres d'origine glaciaire. La masse même de l'île ne forme pas un bloc compact; une vallée transversale la coupe en deux, de Douglas à Peel; c'est la grande route de l'île, faisant passer d'un versant à l'autre sans s'élever au-dessus de 55 mètres. Un contraste remarquable oppose dans l'île le côté du vent au côté sous le vent; tout le versant oriental, abrité contre les vents d'Ouest, reçoit à peine 650 millimètres de pluie; il jouit de conditions de lumière et d'insolation qu'on ne retrouve plus, vers le Sud, avant les côtes du Devon. Cette exposition fut une sauvegarde pour la vie agricole; la pâture n'a pas tout envahi, comme sur les plaines anglaises qui font face à l'île; Man reste fidèle au labour, à la production de l'avoine; sur l'ensemble du territoire utile, la terre arable revendique encore l'étonnante proportion de quatre cinquièmes, répartie entre les mains de petits tenanciers. Par contre, sur les landes des hauteurs, on fait paître, depuis un temps immémorial, des troupeaux de moutons. On exploite dans la montagne, près de Foxdale et de Laxey, des mines de plomb et de zinc, qui déclinent peu à peu.
Malgré tout, la terre ne suffirait pas à faire vivre une population de 60 000 habitants, près de 100 habitants par kilomètre carré, si la mer ne leur apportaitpasdessourcesderichesse. Une vraie race de marins habite l'île de Man; aucune autre région ne contient une plus forte proportion de pêcheurs; ils vont pêcher le hareng dans les eaux irlandaises; hardis et entreprenants, ils partent de j uin à octobre pour capturer le maquereau sur les côtes méridionales de l' Irlande, où ils se rencontrent avec les Cornois, les Écossais et les Bretons; dès longtemps, experts dans l'art de la navigation, ils possèdent un type original de bateau et de voilure, fruit de leur expérience maritime. L'association des paysages côtiers et des paysages montagnards, unis en d'admirables jeux de couleurs, attire pendant l'été des centaines de milliers de touristes et des visiteurs, venus des centres ouvriers du Lancashire, du Yorkshire et de l'Ecosse; Douglas est à quatre heures de steamer de Liverpool, à trois heures de Fleetwood et de Heysham. Aussi plus de la moitié de la population se concentre le long des côtes dans les ports de pêche et les petites villes : Douglas (22 000 hab.), Ramsey (4 500 hab.), Peel, Castletown, Laxey.
ÉTUDES RÉGIONALES
BIBLIOGRAPHIE
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<2onsulter les monographies consacrées à chaque comté dans la collection de Cambridge University Press.