CHAPITRE VIII
LE PAYS DE GALLES
Presqu'île couverte de montagnes, le Pays de Galles appartient à ces hautes terres de l'Ouest britannique, isolées, rugueuses et sauvages, qui portent dans leurs traits à la fois la rudesse des roches anciennes dont elles sont faites, la massive uniformité qui résulte d'un long passé de dénudation et aussi les morsures hardies et profondes des glaciers. Pays montagnard, il n'offre aux hommes, à côté des vallées où se réfugient les arbres et les champs, à côté des lisières littorales où s'allongent les bons terroirs, que les vastes étendues chauves des landes. Il se tient à l'écart, enfoncé dans l'Ouest, presque entouré par la mer. Mais, par ses vallées, il s'oriente vers l'Est, vers la plaine anglaise qui lui ouvre des relations générales; il est sous sa dépendance, et il a dû très tôt céder à son attraction pohtique.
Le territoire gallois mesure 210 kilomètres du Nord au Sud, 200 kilomètres de l'Ouest à l'Est sur sa plus grande largeur et 80 kilomètres dans sa partie la plus étroite; il couvre 26 412 kilomètres carrés. Il comptait 590 000 habitants en 1801, 2 296 700 en 1921, ce qui représente le vingt-septième de la population du Royaume-Uni pour 1801 et le vingt et unième pour 1921 . Pour une étendue plus grande (33 770 km^), la Bretagne française possède aussi une population plus nombreuse (3 250 000 hab.) : c'est une densité de 86 habitants par kilomètre carré pour le Pays de Galles et de 96 pour la Bretagne. Malgré l'intensité de la vie industrielle dans le Sud, la presqu'île galloise s'oppose à la presqu'île armoricaine par sa nature plus montagnarde, par sa position plus septentrionale, qui l'a exposée à l'action des glaciers, et par son plus grand isolement, qui l'a écartée longtemps de la grande vie maritime.