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CHAPITRE X

LA PLAINE ANGLAISE LES MTDLANDS. LES PAYS DU WASH ET LES FENS L'EST-ANGLIE. LES PAYS DE LA TAMISE

A l'Est du massif Gallois et au Sud du massif Pennin, s'étend une grande plaine dont les aspects et les formes se retrouvent au delà de la mer du Nord et de la Manche sur le territoire de la Belgique et de la France; elle représente sur le sol anglais le bord occidental des dépôts de la cuvette germanique : c'est la Plaine anglaise, symétrique de la Plaine belge et du Bassin de Paris. Les roches anciennes, disparaissant dans les profondeurs, font place aux roches secondaires et tertiaires, moins résistantes; les reliefs s'abaissent; les horizons s'aplanissent presque insensiblement jusqu'au bord de la mer; l'œuvre d'un modelé plus avancé se traduit par des versants moins escarpés que dans les vieux massifs, par des vallées plus larges, par l'étendue des dépressions alluviales, par l'abondance des dépôts superficiels, par le tracé plus régulier des côtes. Dans tout l'Est, depuis le Humber jusqu'à la Tamise, l'altitude ne dépasse 100 métrés qu'en des points assez rares.

Les aspects sauvages des landes, les teintes sombres des roches anciennes, les impressions sévères de la nature montagnarde s'éloignent. Il en subsiste quelques réminiscences, au voisinage même des anciens massifs, sous la forme de témoins isolés, tels que le Wrekin à l'Est de Shrewsbury, la Charnwood forest à l'Ouest de Leicester ou les hauteurs qui abritent les bassins houillers des Midlands. Mais le soubassement primaire s'enfonce sous l'empilement des dépôts plus récents. Seuls quelques sondages heureux ont fait connaître la continuité souterraine de l'architecture ancienne; on a retrouvé, près de Douvres, enfoui sous le Tertiaire et le Secondaire, le prolongement du bassin houiller de Bristol, à plus de 400 mètres de profondeur. Mais rien ne trahit à la surface les dislocations qui fragmentent ce bassin en plusieurs blocs et fosses.

Dans la Plaine anglaise, la tranquillité du relief tient à la presque horizontalité des couches; elle tient aussi à l'épaisse couverture de boulderclay ou de dépôts glaciaires, qui souvent masque les assises variées du sous-sol. Les glaces n'ont pas agi seulement en émoussant les aspérités de la surface, mais encore en laissant leurs argiles et leurs sables qui empâtent les traits du modelé. Dans les comtés de Stalïord, de Leicester, de Warwick, de Northampton, de Buckingham, de Bedford, de Hertford, de Norfolk, de Suffolk et d'Essex, presque toujours, surtout dans les larges dépressions et sur les espaces plats, c'est le boulderclay

LA PLAINE ANGLAISE

qui forme la surface; il ne cesse vers le Sud qu'à la Tamise et vers l'Ouest que dans les environs de Gloucester; il tapisse le pays, nivelle les formes, uniformise les aspects ; sous ce manteau de matériaux superficiels, la variété des roches s'efîace; les mouvements de terrain se fondent les uns dans les autres. Aussi la Plaine anglaise se montre-t-elle singulièrement plus pauvre que le Bassin de Paris en individualités régionales. Alors que le trajet de Paris au Massif Central évoque aux yeux du voyageur une succession de petits pays originaux par leur paysage et leur économie, il est difficile d'imaginer un parcours plus uniforme, moins riche en apparitions nouvelles, que celui de Londres jusqu'aux frontières écossaises ou galloises à travers les plaines anglaises.

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