LES FENS
C'est tout un aspect original de la vieille Angleterre que la grande plaine alluviale, appelée the Fens, que de lentes rivières comme la Witham, la Welland, la Nen, l'Ouse et la Cam traversent avant de gagner les estuaires ensablés du Wash. Large de 40 à 60 kilomètres, longue de plus de 100 kilomètres entre Lincoln et Cambridge, elle évoque les aspects hollandais avec ses digues, ses fossés et ses canaux, ses terres basses et tourbeuses. Dans la partie méridionale du comté de Lincoln, elle porte même le nom de Holland, appliqué, ici comme en face, sur le continent, à une dépression humide. On y retrouve les mêmes éléments du paysage : la platitude du territoire et l'immensité des horizons, l'entre-croise-
LA PLAINE ANGLAISE
ment des canaux et des rivières qui étendent sur la plaine leur réseau géométrique, les lignes de peupliers noirs et les touffes de saules, derrière lesquelles se dissimulent les toits de chaume, les nappes d'eau calme bordées de roseaux et de joncs, où circulent des barques chargées de tourbe, les antiques moulins à vent, l'atmosphère légèrement embrumée, riche en jeux de lumière.
Les Fens occupent l'emplacement de l'ancienne baie du Wash, comblée par des dépôts de graviers, de tourbe et d'argile. Comme dans les Pays-Bas, il a fallu conquérir ces terres basses avant de les habiter et de les exploiter (fig. 65).
L'œuvre de protection contre la mer n'a pas exigé autant d'efforts que dans la Hollande, car les rivières n'ouvrent pas ici dans le continent d'aussi formidables
Fig. 65. — Les Fens et le Wash.